ACTE I, SCÈNE
ijui divisant toujours -vos superbes tribus , A livré tant de fois des combats superflus ! Alabez , Vanégas, Zégris , Abencerrages , L'honneur se trouve aussi dans l'oubli des outrages. Ne soyez , renonçant à tous ces -vains débats , Qu'une seule famille , en marchant aux combats. Jusqu'alors , séparés , si vous fûtes terribles , Unissez-vous , amis , vous serez invincibles !
SÉIDE
S'il défend mon pays , quand il faut le venger, Tout soldat est mon frère au moment du danger. Des outrages reçus j'ai perdu la mémoire ; La haine disparaît où j'aperçois la gloire.
BOABDIL
Bien ! vous qui l'écoutez , j'accepte devant vous
Ces nobles mots d'un seul pour les garans de tous.
Il est temps de former cette union si belle.
De nos revers déjà la rapide nouvelle ,
Chez les peuples surpris au loin a pénétré.
Croyant voir de ma perte un présage assuré ,
Dans l'affront qu'à Jaën ont essuyé nos armes,
S'abandonnant sans honte à de lâches alarmes ,
Mes alliés d'Afrique , oublieux de leur foi ,
Au mépris des traités se détachent de moi.
Venant à mon secours trois mille Bérébères,
Rangés sous mes drapeaux devaient combattre en frères ;
Le superbe Alhamar vers vous les conduisait.
J'apprends que , rappelés par un ordre secret,
Ces guerriers, retournant vers les rives barbares ,
Ont déjà repassé les monts des Alpulxares ;
Que, trahissant ma cause et m'ôlant son appui ,
Le monarque de Fez les rappelle vers lui.
Il a raison, il a douté de ma puissance.
D'un pouvoir étranger la prudente alliance
BOABDIL
Doit suivre la fortune et quitter le malheur.
Eh bien ! nous serons seuls à la peine, à l'honneur ;
Si l'ange des combats nous donne la victoire ,
Ils n'auront pas du moins leur part dans notre gloire !
Et nous ne Terrons pas , libres triomphateurs ,
Jusque dans nos foyers d'insultans protecteurs
Nous contraindre à souffrir que leur fière exigence
Exploite à leur profit notre reconnaissance,
Et nous force à payer, du fruit de nos succès ,
L'avilissant traité d'une honteuse paix !
Dans deux jours au combat l'Espagnol vous appelle.
Qu'au rendez-vous guerrier chacun de vous fidèle,
Jure ici de garder, jusqu'au dernier effort,
Son poste de triomphe ou son poste de mort!
ALY
Par le mépris qu'inspire et mérite un esclave ; Par l'honneur, cette soif qui dévore le brave ; Par l'éternel sommeil goûté dans les tombeaux ;. Par le respect divin que l'on doit aux héros , ÎSous le jurons ! S'il est un traître à la patrie , Oubliant ce serment , dans son âme flétrie , Dans un lâche repos s'il compte ses instans , Que pour cacher sa honte il sorte de nos rangs, Ou son cœur sentira le froid d'un cimeterre.
(D tire son cinaelerre.) Mort ! mort aux Castillans ! voilà mon cri de gucn e î A ce cri , répété sur leurs corps expiraus , La gloire répondra .
TOUS , en tirant leur cimeterre.
Mort , mort aux Castillans !
BOABDIL
Moi , comme votre chef, comme roi, je le jure ! Oui , mort aux Castillans ! mais opprobre au parjure !