‹ Œuvres complètes d'Élisa Mercœur de Nantes (volume 2)Chapitre 186 sur 264 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ABENHAMET, AL Y, les trois Zégms.

ABëNHAMET , croyant parler à Séide , s'avance vers Aly qui s'approche de lui.

Viens , j'ai promis de vivre et de fuir Zoraïde :

Quittons ce lieu funeste ; éloignons-nous, Séide.

Viens , c'en est fait , l'honneur m'en bannit pour toujours.

ALY

Où vas-tu donc ?

ABENIIAMETi entouré des Zëgris, regarde à sa ceinlure et s'aperçoit qu'il est sans armes.

Aly !... Ciel ! rien... A mon secours ! Où fuir? Dieu!

ALY

Va , crois-moi , renonce à la défense ; La fuite est impossible.

ABENHAMET,

Et je suis sans vengeance !

Pas un glaive ! pas un , pour déchirer son cœur '

A quoi te servira celte vainc fureur ?

Tu ne peux t'échapper, tu n'as plus qu'à te rendre !

Tout est gardé.

ABENHAMET.

Le monstre était venu m'attendrc.

Il est doue expliqué ce rendez-vous fatal ! Ils étaient là, veillant près du piégo infernal.

358 BOABDIL

Eh bieu ! faut-il moi-même exciter votre rage ? Contre moi ranimer votre lâche courage ? Frappez , car vous devez avoir soif de mon sang ; Que vos coups réunis en épuisent mon flanc. Satisfaites enfin votre odieuse envie ; Frappez , ouvrez ce cœur, arrachez-en la vie ! Mais si de la pitié , dans cet affreux moment , Il reste dans votre âme un dernier sentiment, Si je puis l'invoquer de ma voix expirante , Sauvez au moins l'honneur d'une femme innocente ! Ah ! sauvez-le; dût-elle être immolée aussi ! Frappez-moi I mais , pour Dieu ! loin d'ici, loin d'ici !

ALY

Soin touchant !

ABENHAMET.

Ciel vengeur, de cet indigne outrage Tu ne le punis pas?

ALY, ironiquement.

Lorsque l'Abencerrage Porte dans les combats le vêtement guerrier, On lui voit pour emblème , et sur son bouclier, Un lion enchainé par la main d'une femme ; Ainsi....

N'achève pas ; je t'ai compris , infâme ! Oh ! oui ! c'est vainement qu'il rugit de fureur. Le lion qui s'est pris dans les rets du chasseur ! En vain il se débat dans sa force inutile , Mais s'il pouvait soudain , quand le chasseur tranquille . Orgueilleux de sa ruse , insulte à son effort, Du piège s'élancer aussi libre que fort , Celui qui l'insultait , alors moins téméraire , Peut-être n'oserait défier la colère

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