AI,Y
Tous les soupçons qu'en ton ardeur jalouse....
BOABDIL
Eh bien ?
ALY
Ils sont tous vrais, ta criminelle épouse , Infidèle à sa gloire....
BOABDIL.'
Arrête , malheureux ! ,
Avant de m'accabler par ce secret affreux, D'empoisonner le trait qui déjà me déchire, Pourras-tu me prouver tout ce que tu vas dire •' Ce qui t'a découvert leur noire trahison , C'est une certitude, et non pas un soupçon ? I^es preuves , tu les as ?
ALY , froidement.
Je t'admire . et m'étonne De cette confiance où ton cœur s'abandonne. Dans sa haine pour toi , dans son amour pour lui , Tu ne vois rien contre eux qui dépose aujourd'hui Déjà , près d'accuser ma bouche d'imposture...
BOABDIL
Oui, la haine aisément peut conduire au parjure!....
Elle l'aime !... elle peut être coupable... O Dieu !
Elle l'est.... je te crois.... Dans quel temps?... dans quel lieu ^
ALÏ.
Cette nuit , au jardiu , aux pieds de Zoraide , J'ai surpris ton rival.
BOABDIL
Les monstres ! la perfide !
ALY
Mais....
BOABDIL
De mon déshonneur ils ne jouiront pas.
ALY
Ce secret révélé....
BOABDIL
Va donner le trépas !
ALY
Ce n'est pas tout encor....
BOABDIL
Quel autre crime .•* Achève.
ALY
Dans leurs coupables mains j'ai vu briller le glaive Qu'ils destinaient tous deux à te percer le cœur. Mais j'ai su....
BOABDIL
C'était donc trop peu de mon honneur ; Il leur fallait ma vie ! Et cette épouse infâme , La vertu dans la bouche et l'opprobre dans l'âme , N'était donc , sans rougir, qu'un monstre de forfaits I ¥4. j'en doutais encor, malheureux ! j'en doutais ! Mais qui n'aurait pas eu ma folle confiance ? Abusé comme moi par sa fausse innocence ,