‹ Œuvres complètes d'Élisa Mercœur de Nantes (volume 2)Chapitre 201 sur 264 · AI,Y · texte numérisé non relu

AI,Y

Tous les soupçons qu'en ton ardeur jalouse....

BOABDIL

Eh bien ?

ALY

Ils sont tous vrais, ta criminelle épouse , Infidèle à sa gloire....

BOABDIL.'

Arrête , malheureux ! ,

Avant de m'accabler par ce secret affreux, D'empoisonner le trait qui déjà me déchire, Pourras-tu me prouver tout ce que tu vas dire •' Ce qui t'a découvert leur noire trahison , C'est une certitude, et non pas un soupçon ? I^es preuves , tu les as ?

ALY , froidement.

Je t'admire . et m'étonne De cette confiance où ton cœur s'abandonne. Dans sa haine pour toi , dans son amour pour lui , Tu ne vois rien contre eux qui dépose aujourd'hui Déjà , près d'accuser ma bouche d'imposture...

BOABDIL

Oui, la haine aisément peut conduire au parjure!....

Elle l'aime !... elle peut être coupable... O Dieu !

Elle l'est.... je te crois.... Dans quel temps?... dans quel lieu ^

ALÏ.

Cette nuit , au jardiu , aux pieds de Zoraide , J'ai surpris ton rival.

BOABDIL

Les monstres ! la perfide !

ALY

Mais....

BOABDIL

De mon déshonneur ils ne jouiront pas.

ALY

Ce secret révélé....

BOABDIL

Va donner le trépas !

ALY

Ce n'est pas tout encor....

BOABDIL

Quel autre crime .•* Achève.

ALY

Dans leurs coupables mains j'ai vu briller le glaive Qu'ils destinaient tous deux à te percer le cœur. Mais j'ai su....

BOABDIL

C'était donc trop peu de mon honneur ; Il leur fallait ma vie ! Et cette épouse infâme , La vertu dans la bouche et l'opprobre dans l'âme , N'était donc , sans rougir, qu'un monstre de forfaits I ¥4. j'en doutais encor, malheureux ! j'en doutais ! Mais qui n'aurait pas eu ma folle confiance ? Abusé comme moi par sa fausse innocence ,

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