‹ Œuvres complètes d'Élisa Mercœur de Nantes (volume 2)Chapitre 204 sur 264 · BOABDIL, ALY · texte numérisé non relu

BOABDIL, ALY

BOABDIL , sans voir Aly.

Sans honte la perfide ainsi me déshonore î • Son crime est donc certain ? Que n'en doulé-je encore ! En \ain à ma raison mon cœur -veut obéir ; Quand on a tant aimé , qu'on a peine à haïr ! (Aly fait un monvemeut en regardant Boabdil ; il fait un pas ; Boabdil , averti par le bruit , se retourne.) Ah ! c'est toi ! — Que veux-lu ? Parle.

ALY

L'heure s'avance Où les juges chargtis de venger ton offense,

BOABDIL

Du glaive de la loi vont frapper ton rival. Peut-être profanant ce sacre tribunal , Ses frères, ajoutant l'effet à la menace ,

^°^* I' est plus que temps d'arrêter leur audace -,

Préviens-la. Pour leur mort quels ordres donnes-lu ?

BOABDIL, froidement.

Aucun. Sur cet arrêt j'ai changé ; je l'ai dû. Abenhamet mourra ; mais, juste en ma vengeance , Je ne confondrai pas le crime et l'innocence. Ils vivront.

ALY

Ciel ! qu'entends-je? en servant leur fureur. Toi-même à leurs poignards tu vas offrir ton cœur !

BOABDIL

Comment?

ALY

Il faut parler, dussé-je te déplaire , Boabdil, d'une crise horrible et nécessaire. Le moment est venu, demain serait trop tard. Dans un secret terrible admis par le hasard , Dieu , qui m'a sous tes pas fait découvrir l'abîme , Me destine peut-être à prévenir le crime ; Mais il faut dissiper tes doutes sur ma foi .

Eh bien ?

ALY

Roi de Grenade , on s'arme contre toi ; On menace les jours. Une tribu perfide Ya laisser éclater son complot régicide, Déjà les coups sont prêts ; il faut les délournei , Ou tu n'as qu'un raomcni pour vivre et pour régner.

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