ACTE IV, SCÈNE I
ALY
C'est fait de toi , si d'un pas tu recules.
Témoin ordonnateur de cet affreux trépas . Irai-je voir leur sang;'
ALY
Tu ne le verras pas ' Ou saura te cacher l'aspect qui t'épouvante ^ Et les cris étouffes de leur voix expirante Ne te parviendront pas.
BOABDIL
Pourras-lu dans mou cœur Etouffer le remords '■*
ALY
En as-tu déjà peur ?
Est-ce leur intérêt qui sur le tien l'emporte ?
DOABDIL.
D'un pareil châtiment que dira-t-ou ?
ALY
Qu'importe !
Egaux par la nature , inégaux par la loi , Qu'est le sort d'un sujet , près du destin d'un roi ? Sache donc en peser la différence auguste ; Réussis : quel qu'il soit , ton arrêt sera juste.
BOABDIL
Quoi! n'entrevois-tu pas d'autres moyens?
ALY
Aucun.
Mais c'est trop prolonger un conseil importun j :
386 B0ABD1L-. ^^''■'
Adieu ! Jusqu'en ces Iil'Ux , dans ta fureur timide , Laisse d'Abenhamel la tribu parricide , Dérobant un coupable au supplice des lois, T'arrachcr et le trône et la vie à la fois. Puisqu'cn vain je combats ta funeste imprudence. De cette mort sans gloire expire sans vengeance. Peut-être la raison , l'apparaissant trop tard , Se montrera terrible à ton dernier regard ; Et si notre âme sort de la tombe muette , Le ciel ouvrant ces murs à ton ombre sujette , Denlain, tu reverras ce trône où ton rival Fut assis par son crime et ton doute fatal !
BOABDIL, furieus.
Arréle ' lu me rends à toute ma colère! ^Liooioi si lalluoil-
Qu'ils meurent , c'en est fait î qu'à jamais de la terre ,
Par leur complot souillée , ils disparaissent tous!
Oui, tous! au même instant frappés des mêmes coups,
Que ce soit dans le marbre où leurs têtes bondissent!
Les ondes de leur sang que les lions vomissent !
Que mon peuple , effrayé de leur terrible fin,
Connaisse mon pouvoir, et tremble!.... Cours ! '
ALY, avec un sourire de tigre.
Enfin !