‹ Œuvres complètes d'Élisa Mercœur de Nantes (volume 2)Chapitre 210 sur 264 · ACTE IV, SCÈNE IH · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IH

Mais, bravant leur courroux , l'interprète des lois Doit oser, s'il le faut, interroger les rois. Un juge ne doit pas , trompant leur confiance , Au prix dç leur faveur vendre sa conscience!

BOABDIL , s'emportant.

£t vous ne craignez pas qu'excitant ma fureur....

IBRâIIIDI , avec calme et dignitd.

Mon fils , on règne mal en régnant par la peur.

Tout mortel revêtu d'un droit dont il abuse ,

Se disant : Je le peux, croit ainsi qu'il s'excuse ;

Mais quand la mort le jette aux pieds de l'Eternel ,

Le poids d'une injustice est un fardeau cruel ;

Au tribunal sacré du juge redoutable,

Un roi n'est plus qu'un homnne , innocent ou coupable.

Il comparaît alors sans trône et sans flatteurs:

11 n'est pas devant Dieu de témoins imposteurs!

BOABDIL, éperdu.

Oh ! oui , quand Dieu punit , sa justice est terrible ! r

Contre elle tout refuge est , hélas! impossible !, O mon père !

IBRAHIM

Mon fils !

BOABDIL, voyant entrer les juges.

(A part.)

Rien ! rien ! 11 n'est plus temps !

;;90 BOABDIL

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