‹ Œuvres complètes d'Élisa Mercœur de Nantes (volume 2)Chapitre 217 sur 264 · ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV

Sans ramasser un seul des débris de ton règne , Des llattcurs d'autrefois sans un seul qui te plaigne; Versant d'indignes pleurs dans tes lâches regrets , Tu resteras chargé d'inutiles forfaits.

Alors, tu mcndîras l'oubli pour ta mémoire , Mais en vain ; des héros s'il conserve la gloire , S'il redit leurs vertus , l'inflexible avenir Garde aussi des tyrans l'odieux souvenir : On ne t'oublîra pas!

BOABDIL , furiciii.

Silence à ton audace !

C'en est trop! Si le ciel accomplil la menace, Si du troue je dois être précipité , Devant ce qu'il me reste encor d'autorité , Obéis ! Son arrêt , juges !

ÏBUAIIIM , quiUant les juges qui ont opiné pcndanl h débat J'Abcnhamc l et de Bcabdil.

Roi, son outrage De leur crime n'est pas l'irrécusable gage ; ÎNous n'avons pas de preuve.

BOABDIL, furieux.

Achevez ces débats !

IBRAIlIiW.

Nous ne pouvons absoudre, et ne condamnons pas.

BOABDIL

Eh bien ! prononcez donc.

IBRAHIM

Roi , propice ou contraiie , Auv passions la loi doit rester étrangère; Le crime est tout pour elle j cl devant son foKfait, Comme l'accusateur, l'accusé disparait.

400 BOABDILi

BOABDIL

La loi doit-elle offrir au coupable un refuge ?

IBRAHIM

Jamais.

BOABDIL

Prononcez donc !

IBRAHIM

Je ne puis; que Dieu juge !

ALY, Dieu!

IBRAHIM, à Zoraide.

Vous soumettez-vous au jugement du ciel ? ZORAIDE.

Oui, je remets ma cause aux mains de l'Eternel.

Dieu , qui lit dans les cœurs , voit le mien ; qu'il prononce

IBRAHIM

Qu'un héraut dans Grenade à l'instant même annonce

Que la reine , accusée, aujourd'hui doit périr,

Si nul bras généreux n'osant la secourir,

Ne vient , soit au poignard , à l'épée , à la lance ,

Contre l'accusateur en prenant sa défense ,

Dans la lice avec lui partager le soleil.

Qu'à l'instant du supplice on dresse l'appareil.

Si vers la sixième heure , accepté par la reine ,

Un guerrier se présente et descend dans l'arène.

Toi, le chef des Zégris, toi, son accusateur,

Aly, tu combattras contre le défenseur,

ALY, à part.

Moi ? Je n'attendais pas..,. Qui l'eût dit? mais n'importe !

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