‹ Œuvres complètes d'Élisa Mercœur de Nantes (volume 2)Chapitre 216 sur 264 · ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV

Punissez mon malheur à l'égal d'un forfait : Ma sentence !

zoiuroE.

Arrêtez ! suspendez son arrêt ; Au nom du Dieu suprême , écoutez-moi !

BOABDIL

Madame !

ZORAIDE passe devant les Zégris cl les regarde.

Vous avez bien tenu votre promesse infâme ,

(Aux trois Zégris.)

Chef des Zégris; et vous , lâches accusateurs , ] Vous avez bien servi ses indignes fureurs.

BOABDIL, à part.

Que dit-elle , grand Dieu !

ZORAIDE, à Boabdil.

Boabdil , on t'abuse.

Une horrible imposture , une exécrable ruse , Eu nous enveloppant dans un complot affreux... .

ABENHAMET, passant devant Zoraûle.

Que fais- tu , Zoraïde ?

ZORAIDE, le repoussant.

Ah ! laisse , malheureux !

Par pitié , par justice, il faut que l'on m'entende ! Oui.

BOABDIL, troublé.

(A part.) Parlez I De ses pleurs que le ciel me défende ! (Haut.) J'écoute....

ZORAIDE.

Boabdil , reviens de ton erreur; Non , tu n'as pas sur nous à venger ton honneur ;

ÔgS BOABDIL.

Je ne suis pas coupaLlc ; il ne l'est pas , oh ! grâce ! Oui, grâce !...

BOABDIL

Epargnez-vous cette inutile audace ; Vous espérez en vain l'arracher au trépas.

ZORAIDE.

Mais il est innocent ! grâce !.... Il ne me croit pas! Mon Dieu !

ABENHAMET.

Va , plus que nous il se punit lui-même ; Zoraide , peux-tu craindre l'arrêt suprême Qui t'enlève à ce monstre et dégage ta foi ? Ah ! songe qu'à jamais tu devais être à moi ! Libre du joug affreux d'un parjure hymenée , Victime, à Ion bourreau tu n'es plus enchaînée. Notre sort s'accomplit; la mort, brisant nos nœuds, De l'hymen du tombeau va nous unir tous deux!

BOABDIL

Insolent, oses-tu devant moi ?

ABENHAMET.

Qu'ai-je à craindre ?

En marchant au supplice ai-je besoin de feindre ? Pour la dernière fois je parle en liberté; La mort me donne au moins un droit de vérité ! Ah ! quand d'un échafaud la vérité s'élance , Elle est d'un Dieu vengeur la terrible sentence. Tremble ! ce Dieu te juge, et t'apprend par ma voix , Qijels arrêts vont porter ses redoutables lois ! Ecoute , Bo^.bdil ! l'instant fatal s'avance : De son faîte orgueilleux va tomber ta puissance. Te jetant loin de lui , ce trône où tu t'assieds, Monarque d'un moment, \a crouler sous tes pieds.

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