‹ Œuvres complètes d'Élisa Mercœur de Nantes (volume 2)Chapitre 224 sur 264 · ACTE V , SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V , SCÈNE II

BOABDIL, froidement.

De fiers sujets menaçaient ma puissance i Des autres, par leur mort effrayant l'insolence , J'allais rendre leur force à mes droits affaiblis ; Tels furent tes conseils ; je les ai crus ; tiens , lis.

(Il lui donne le billet qu'il a à sa ceinture.)

ALY , lisant haut.

« De la foi des sermens , toi-même nous dégages , Roi ! le fer meurtrier dont les funestes coups

Ont frappé les Abencerrages, A brisé pour jamais tout lien entre nous.

Adieu , l'honneur qui nous anime Loin d'un sol teint de sang va seul guider nos pas. Mais en fuyant ces lieux , ton parjure et ton crime Envers notre pays ne nous dégagent pas ; Et les fils d'Alabez , les enfans d'Almorade , Quittant pour les combats leur volontaire exil , Se souviendront qu'ils sont citoyens de Grenade ,

Et non sujets de Boabd il. »

(A.lj rend le billet à Boabdii.)

BOABDIL

Hé bien ! que penses-tu ?

ALY , avec indifférence.

Que, malgré leur absence , Zoraïde a quelqu'un qui prendra sa défense.

BOABDIL

Qui prendra sa défense ! Et qui donc?

ALY

Son amant.

BOABDIL

Âbenhamct ?

^'''^ fiOABDlL.

ALY

S^nsdoule, il le peut.

BOABDIL

Lui, comment

ALY

Du cachot renfermant le reste de ses frères....

BOABDIL

Il vient de s'échapper ?

ALY

Oui , mais d'ordres sévères J'ai chargé t^s soldats , qui répondent de lui.

Lorsque mon intérêt vous anime aujourd'hui , Au point de devancer ma volonté suprême , Je devrais rendre grâce à votre zèle extrême ; Aucun autre pour moi n'aurait été plus loin. Mais je vous en tiens quitte, et n'en ai plus bubuiii Je me suffis ; adieu.

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