SCENE III
Les Pkécédens, NORTHUMBERLAND , CECIL, ARUNDEL , PEMBROCK , Chevaliers.
NORTHUMBERLAND
Permettez que ma voix , au nom de l'Angleterre , Ma fille, dans ces lieux, vous exprime en ce jour Son hommage, ses vœux , son respect , son amour. Souffrez!....
JANE
Que parlez-vous de respect et d'hommage ? Je ne m'explique pas , seigneur, votre langage , Ces honneurs qu'on me rend ; je me demande en vain...
NORTHUMBERLAND
Eh bien ! il eu est temps , sachez votre destin; Jusqu'à présent eucor vous n'avez pu m'entendre. Les augustes secrets que je vais vous apprendre Vous pourront étonner, ma fille ; écoutez-moi. Le cercueil s'est ouvert pour enfermer le roi. Edouard ne vit plus !
JANE
Quoi I déjà dans la tombe 1 Pauvre Edouard , faut-il que si jeune on succombe ! Hélas ! qu'ont de commun son trépas et mon sort ?
NORTHUJIBERLAND.
Nous appelant un jour près de sou lit de mort , «Venez, dit-il , je veux en quittant l'existence,
Du bonheur de mon peuple emporter l'assurance. Je meurs', je veux régner pour la dernière fois. De mes sœurs à mou trône, on proclame les droits, Je le sais ; mais enfin quelque loi qu'on m'oppose , Mon sceptre m'appartient. Ce bien dont je dispose , Après moi que l'on veuille ou non le disputer. Je le laisse à qui peut dignement le porter. Oui , c'est à la vertu que l'amitié le donne ; À Jane de Suffoîk, je lègue ma couronne. Elle est mon héritière et par mon libre choix. » jNous avons fait serment de respecter vos lois ; ici , nous le jurons à notre souveraine. Eu fidèles sujets , saluez votre reine ; Chevaliers, avec moi tombez à ses genoux.
(Ils tombent tous aux genoui de Jane.)
JâNE.
Ah ! j'étais trop heureuse. Oh ciel ! relevez-vous.
Moi votre reine , oh ! non ; c'est quelque songe horrible
Offrant à mon esprit une image terrible.
Non , non , je ne suis pas votre reine. Pourquoi
Semblez-vous vous complaire à m'agiter d'effroi ,
Vous qui jetez ainsi le trouble dans mon âme ?
Que vous ai-je donc fait ?