LE DECLIN DL JOUR. M
Bientôt le mien , dont le feu s'évapore ,
Sera glacé par l'hiver du trépas :
Si demain , au vallon , lu m'appelles encore , A tes accens , ami , je ne répondrai pas. Le trépas , ai-je dit ! Non , pour l'être sensible Qui voit sans nul remords ce moment destructeur, C'est le déclin du jour, c'est un sommeil paisible , C'est le calme des nuits, c'est le repos du cœur.
Lorsque celui de ta plaintive amie , Froid et silencieux , ne palpitera plus , Caresse quelquefois , dans ta mélancolie , Le souvenir des jours qui sont déjà perdus.
En s'envolant , ma dernière pensée Rêve un calme avenir, et la fille du Temps , La Mort, auprès de moi déjà s'est avancée :
Elle me nomme — Je l'entends — Quoi î tu vas entraîner, dans ta course cruelle , Les songes de l'espoir, l'amour, le souvenir. Ah ! si l'on n'aime plus quand ta voix nous appelle , Laisse-moi vivre encor, je ne veux pas mourir.
(Mars 1826.)