LES THERMOPYLES
Marchez I qui Toui Mlieot? Quand expire le lirSTe Il loinbe... mail l'elète i l'immortalité.
Etut. MaaccBci.
Oui , d uu lommeil de fer l« Grèce eiiCn leTeille. HiiciHTUB Ga9To.'< ( la Ré$iirr€etion dé la Grée» , dithyrambe ).
Silence , enfans des Grecs , à tous vos chants de mort .' Vous ne traînerez plus la chaîne des esclaves j Sur la rive sanglante et pour le front des braves Les palmes des guerriers reverdiront encor.
Mais vous qu'enorgueillit un éclair de victoire, Vous tomberez , courbés par un souille vengeur^
8o LE SONGE.
Quand le noble martyr emportera , vaiuqueur, Tout une éternité de gloire.
Réveillez-Yous , fils de Léonidas :
Un moment de revers n'éteint pas le courage -, Allez braver encor le destin des combats 5
La liberté , voilà votre héritage :
Des pleurs ne la rachètent pas.
Du sang des ennemis rougissez votre lance ; Tous ceux dont vous foulez les ossemens épars Vous ont laissé pour glaives leur vengeance , Leur souvenir pour étendards.
Le fardeau du malheur vainement vous opprime ; Marchez ! le sort plus juste a marqué la victime , Livrez- vous au désir qui s'éveille en vos cœurs. Déjà , vous ombrageant de son aile divine , Un ange protecteur sur vous plane et s'incline ;
Et les échos de Salamine Vont bientôt répéter vos chants triomphateurs.
Écoutez : A cette heure où le sommeil réclame Nos membres fatigués qu'enchantent ses douceurs , Où nos sens engourdis laissent vieillir notre âme, Où la pensée est libre en ses vagues erreurs,
LE SONGE. 8l
La mienne colorait un songe
D'un reflet de la vérité -, Mais rêver vos succès n'était pas un mensonge ^ Et vous me répondrez de ia réalité.
Les flots avec lenteur venaient frapper la plage , Dans les champs de l'éther brillait un seul rayon , Et déjà , se courbant au lointain horizon , Les ombres s'inclinaient sur l'antique rivage. Là , chancelante Grèce , en tes jours solennels La gloire , des tyrans l'implacable ennemie , En pleurant les malheurs de sa noble patrie , A creusé le tombeau de trois cents immortels. Mais que viens-tu chercher dans le désert immense, Où veille maintenant le triste oiseau des nuits ? Il crie , et , de sa voix effrayant le silence , Paraît fier de régner sur ces muets débris. Le silence ! toujours.... seul je pressais la terre Qui depuis si long-temps pèse sur leur cercueil. Tout reposait , hélas ! et le flot solitaire Paisible s'approchait pour dormir sur l'écueil. Là , vainement l'oubli voulait jeter un voile Sur un long souvenir qu'il croyait effacé -, L'Hellénie à mes yeux était comme une étoile Promenant sa lueur dans la nuit du passé.
Quel est ce bruit léger qui près de moi résonne r* Serait-ce une haleine des mers ?
Ou la brise du soir qui soupire et frissonne
En jetant un son dans les airs ?
Non , ee n'est pas le bruit de ces yagues tranquilles ,. Ce n'est pas un long souffle égaré sur mes pas ^ Chante un hymne vainqueur, lyre aux cordes mobiles ,
C'est le héros des Thermopyles ,
C'est l'ombre de Léonidas !
O toi dont ces rochers ont gardé la mémoire , Viens-tu de les enfans dompter les oppresseurs?
Viens-tu reconquérir leur gloire ?
Viens-tu gémir sur leurs malheurs?...
Et lui , le front brillant d'une sainte espérance , Montrait de ses lauriers les rameaux triomphans j Puis , de son doigt levé m'imposant le silence ,
Me fit entendre ces accens :
« Pourquoi des pleurs, vieille patrie?
« Est ce donc un tribut aux peines du moment? « Pour un jour de repos , quand son réveil t'aîtend, « As-tu droit d'accuser la victoire endormie?
« Guerriers , opposez- vous au destin irrité
« Qui vous courbe un instant sous le joug de l'esclave j
« Marchez ! qui. vous retient? Quand expire le brave ,
« Il tombe.... mais s'élève à l'immortalité.
« Eh quoi , sans l'effacer vous souffririez l'outrage ,
« Hellènes! vous tremblez. Qui vous glace aujourd'hui?
« Le feu dévorant du courage ,
« Comme un éclair pendant l'orage ,
« Déjà s'est-il évanoui ?
« Le Grec méconnaît-il le bonheur d'être libre ? f( Libre ! ce mot est tout : combien il a d'appas ! « Comme un céleste écho mélodieux il vibre ,
« Et vous ne l'entendriez pas î
« Qu'il vous souvienne encor que jadis , à Platée , « Mardonius aux Grecs opposant ses efforts ,
« Son audace arrêtée , « L'envoya sans triomphe au rivage des morts.
« Sous un sceptre de fer abaissant l'infidèle , « Le trépas va frapper, qu'écoutez- vous?... Des cris?... « D'un éphémère orgueil le monument chancelle , « Il croule!... Ce n'est plus qu'un monceau de débris.
« Précipitez du faîte de son trône « Celui qu'un bras vengeur bientôt saura punir : « Saisissez vos drapeaux -, à ma voix qui l'ordonne , « A l'honneur qui le veut , hàtez-vous d'obéir.
« Vos nobles compagnons dans les cieux vous attendent ; « Une place près d'eux reste encore à remplir ; « Ah ! prenez-la, songez que vos fils vous demandent « La liberté , la gloire , et votre souvenir.