M. LE VICOMTE DE MAUTIGNAC
Aussi grands qu'autrefois tous sortez (lu tombeau . Racine , Bossue! , niânrs de? deux (Corneille : E* vous , ombres des deux Rousseau !
Elisa MEHCCeCTt.
La gloire, que nous croyions morte, Dormait ; elle s'éveille , elle reprend ses droits : Au combat des partis le TÎeil honneur l'emporte ; France ! ta liberté devient la sœur des lois. Naguère , en roi captif pleurant son diadème, Sur des débris d autel le génie incliné , Cachait , tombé du trône et frappé d'anathème , Sous un manteau d'esclave un front découronné.
l86 LA FRANCE LITTERAIRE.
Un siècle allait mourir : pendant son agonie ,
Contre un sceptre jouant ton sort .
O France ! tu n'aimais que la sombre harmonie Du signal du carnage et des cris de la mort.
Le Cœur froid, le regard sans larmes, Et pour les étouffer embrassant tes enfans , Tu n'étais attentive , hélas ! qu'au choc des armes , Ou qu'au bruit répété du tonnerre des camps.
Et nous n'osions alors penser avec notre âme , Attendant à genoux le trépas ou l'exil : Les insensés !,.. l'Etna , lorsqu'il a trop de flamme , Dans ses flancs la renferme-t-il ?
Ah ! pendant ces jours de démence , On te vit trop long-temps, ivre de ta puissance, Sur tes fils qui tombaient rouler un char vainqueur. Alors qu'ils t'appelaient de leur voix inutile , Les grands hymnes d'Homère ou les chants de Virgile Pouvaient-ils sous le bronze aller chercher ton cœur?
On n'avait pas comblé la tombe; Elle reçut Chénier , cygne aux divins adieux : Déjà sur l'échafaud il chante , le fer tombe ,
Et son hymne s'achève aux cieux.
De ces jours effacez l'histoire ;
Pour eux soyons tous sans mémoire .