DE LA GALANTERIE FRANÇAISE
In amore hac msuni otrmta
Ter. t Eun. , acte I , te. I.
Toute» ce» bisarrerief appartiennent à l'amour.
Il y aurait un joli poème à faire sur ce sujet; d’abord il serait court ( ce qui n’est pas un petit avantage, aujourd’hui que la langue des dieux est à l’usage de si peu de mortels ). Pour peu que l’auteur appartint à l’école moderne, qu’il se complût à décrire, que d’occasions n’aurait-il pas de multiplier les descriptions de tournois, de pèlerinages , de moutiers, de boudoirs, de clairs de lune? Et s’il arrivait qu’il fût imbu de ce vieux principe que, pour être lu plus d’une fois, quelque chose qu’on écrive, il faut intéresser par l’action, par les caractères ou par les sentiments, de combien d’épisodes héroïques, satiriques, tragiques, et mélancoliques, un pareil sujet ne serait-il pas la source? Pour le plan, ne pourrait-on pas supposer qu’il s’est élevé
DE LA GALANTERIE FRANÇAISE, un combat très vif dans les Champs-Elysées , entre Clotilde de Surville, madame de la Susc, la duchesse de Berri , et telle autre beauté de notre temps qui aurait quitté récemment la terre?' Chacune de ces dames aurait la prétention d'établir que l’époque où elle a vécu était celle de la plus brillante et de la plus aimable galanterie; chacune apporterait ses exemples et ses preuves : l’Amour serait pris pour juge, et prononcerait, comme à sou ordinaire, sans égard au bon droit, en faveur de celle dont la grâce et la figure auraient le mieux défendu sa cause. Après avoir indiqué à la poésie ce sujet de tableau , essayons, en humble prose, d’en esquisser les principaux traits.
« Il n’y a plus de politesse, plus de galanterie ; la révolution a détruit entièrement ces qualités aimables qui distinguaient notre nation entre tous les peuples de l’Europe. »
Tel est le reproche indirect que j’entends chaque jour adresser à nos jeunes gens; je ne prétends pas dire qu’il n’est pas fondé à quelques égards, mais je réponds du moins qu’il n’est pas nouveau. Lorsque j’entrai dans le monde, mon aieul exaltait sans cesse, aux dépens des hommes de mon âge, les manières aisées, brillantes, des jeunes .seigneurs de la cour du Régent ; ma mère déclamait , de son côté , coutre les formes gourmées que la dévotion avait introduites à la cour du dauphin. Quelque vingt