I.ES COURSES
voilà ! en voyant passer, comme un éclair, auprès d’elle, un jeune homme en veste de couleur orange, monté sur une jument dont l’ardeur était (le bien bon augure. «Ab! oui, c’est Francisque, dit le père avec indifférence; c’est l’ami Francisque répéta plus bas la mère en prenant la main de sa fille;» et le petit fichu de mademoiselle Louison était bien agité, et la rougeur couvrait ses joues, et des larmes roulaient dans scs yeux.
A la fin du premier tour, Francisque était dépassé de quelques toises par un de ses rivaux : ma jolie voisine respirait à peine; son père déclarait, avec un gros rire qui voulait être malin, que l’ami ne gagnerait pas la course ; madame Hébert, sa femme, disait qu’il fallait voir; et mon compagnon offrait, à haute voix, de parier deux contre un pour le jockey à la veste orange. Ce mot lui fut payé d’un regard dont l’ami Francisque aurait été jaloux. Mairieux avait raison : à la moitié du second tour, n<^rc jeune homme avait regagné le terrain perdu; et, rassemblant pour un dernier effort toutes les forces de sa jument qu’il avait habilement ménagée, il la lança pour ainsi dire au but, où il parvint trois secondes avant celui de ses rivaux qui le serrait de plus près. Je laisse à penser avec quel plaisir mademoiselle Louison entendit proclamer le nom du vainqueur.
Je ne quittai point la famille Hébert sans avoir