JANVIER 1815 AU SIOIS D'AVRIL
L’Ermite de la Chaussée-d Anlin a terminé sa carrière avec l’empire: pendant l'annce 1 8 1 3 il avait été témoin de la chute épouvantable de ce colosse impérial, qu'il avait vu s’élever avec plus d’inquiétude encore que d’étonnement et d’admiration. En vain le dominateur de l'Europe, après la désastreuse campagne de Russie, avait-il, en frappant le sol belliqueux de la France, fait éclore en un mois de nombreux bataillons; la Prusse, la Russie, la Suède, l’Allemagne s’élevaient en armes contre le géant des conquêtes; l’Angleterre, en versant à grands flots 1 or et la corruption, avait ouvert l’aByme sous scs pas; la guerre contre Napoléon était devenue populaire sur le continent; dès-lors il put voir que son régne était passé.
L’Allemagne n'a pris ouvertement parti contre l’empereur qu’apres la campagne de Silésie: les Saxons pendant la bataille de Leipsick, les Bavarois immédiatement apres, et les Wurtembourgeois quelques jours plus tard.
ItETROSPEGT.
Des négociations fallacieuses suspendent un moment cette lutte trop inégale; mais des nations entières ont recruté les armées royales, et l'Europe marche sur la France.
Dresde et Leipsick annoncent que la victoire ellemême est lasse d’obéir au courage; l’étoile de Napoléon pâlit, et le monde l’abandonne. Il perd l’Espagne: par-tout la trahison des hommes se joint aux infidélités dé la fortune. Le Nord tout entier pèse déjà sur nos anciennes frontières.
Cependant telle était la terreur que le nom seul de Napoléon inspirait à ce monde d’ennemis, que les vainqueurs s’arrêtent aux bords du Rhin, et proposent la paix; l’empereur la refuse; l’histoire prononcera sur cet excès d’orgueil, qu’on eût appelé sublime s’il eût gardé le trône.
La France envahie n’avait plus à opposer que quelques bataillons héroïques à des armées innombrables : la présence des baïonnettes étrangères donna aux flatteurs de Napoléon le courage de déclamer contre sa tyrannie chancelante: dans ce moment, il faut le dire, nos seuls guerriers repoussèrent l’infamie et l’invasion par des prodiges de valeur et de dévouement.
Le canon tonnait aux portes de Paris ; à Brienne et à Montmirail le flambeau de la gloire française, au montent de s 'éteindre , jetait ses plus vives clartés.
RETH08PECT.
La France avait perdu ses rapides conquêtes, et trente ans de révolutions, de malheurs, de combats, et de victoires, se terminaient dans un désastre inouï. Tel était le spectacle sur lequel s’arrêtèrent les derniers regards de l’Ermite de la Chausséed’Antin.
Il partageait alors l’illusion de toutes les âmes honnêtes ; lassée d’une gloire sans liberté, la France espérait retrouver l’indépendance et le repos à l’abri du trône royal et constitutionnel.
Le Franc-Parleur, l ’ Ermite de la Guiane, et X Ermite en province , sont chargés de confirmer ou de détruire ses espérances.