RÉPONSE
redingote de cocher ; et, après avoir fait les fouettions de laquais, en vous ouvrant la portière, il vous conduit au jeu, de pttuine de Charrier, mi vous passez agréablement une heure ou deux à compter des chasses. A deux heures, avant de rentrer au logis, vous manquez rarement d’aller lire les journaux au Jardin Turc. La, canne entre les jambes, assis sur une des banquettes rembourrées de la terrasse, vous lisez bien lentement , et en remuant les lèvres, un journal qu’attendent vingt personnes qui ont acquis, en déjeunant, un droit que vous vous arrogez par habitude.
La tète "bien meublée des progrès des Serviens , des séances de la diète de Hongrie ( que vous confondez quelquefois avec les débats de la chambre des pairs"), vous rentrez chez vous faire un dîner simple et modeste , qui ne serait peut-étlte pas du goût de M. Grimod de la 'Reynière. La frugalité de ce repas ne laisse point dè tenter quelque ami qui vient de l’Estrapade pour en prendre sa part. Deux ou trois douairières de la rue Paradis ou de la Perle viennent régulièrefhent, tous les soirs, faire votre boston; et c’est ainsi que s’achève, à neuf Heures, une journée dont tous les moments ont été si utilement et si agréablement employés.
Je ne. vops ai entretenu aujourd’hui que de vos plaisirs d’habitude; une autre fois je parlerai de vos plaisirs accidentels'; je vous rappellerai vos réu-
A UN BOURGEOIg DU MARAIS. 77
nions de famille, vos dîners en tille, .vos petites débauches, chez Bancelin ou au Cadran-Bleu , à la suite desquelles il vous arrive quelquefois de vous cotiser pour avoir une loge au nouveau mélodrame. Vous voyez que j’ai des .notions assez positives sur votre manière detre; vous ne doutez pas que je ne sois au moins aussi bien instruit de la vie que mène un homme opulent dans le quartier que j’habite : je vous on mettrai sous les yeux une peinture fidèle , et ce sera votre affaire ensuite de prononcer quel est le plus heureux d’uu riche financier de la Chéussée-d’Antin , ou d’un riche bourgeois du Marais, qui n’a pas peur de la comète.
J’ai l’honneur de vous saluer.
MAISON D’ÉDUCATIOIf.
S* VU. [ I 4 OCTOBHR I 81 I .]
MAISON D’ÉDUCATION