‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Essais sur les mœurs. Tome 7 (volume 2)Chapitre 1 sur 60 · Oeuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Essais sur les mœurs. Tome 7 · texte numérisé non relu

Oeuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Essais sur les mœurs. Tome 7

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Par vingt peuples divers Uiur*à*tour dispuli: :

Toi, tu ue rli.ingcs point, et ion otulc sauvage Toujours îles mêmes flots vient ronger le rivage Qui voit l.i servitude où fut la lilxrtê.

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Léon m’a démontre par un à fortiori sans réplique que, apres avoir longé les bords de la Seine, je devais nécessairement côtoyer les bords de la mer, encore plus intéressants par l'importance des ports qui y sont ouverts, et par la physionomie particulière que d’autres travaux et d'autres moeurs impriment à leurs habitants. Nous avons donc pris la route de Fécamp, qui se présente à la sortie d’I farfleur. Nous ne sommes point ici dans des chemins perdus, mais sur une route de seconde classe, assez

ES non I)S DE LA MEK.

fréquentée par les voyageurs parisiens qui, ne voulant point retourner sur leurs pas, reviennent du Havre à Rouen par Fécamp et par Dieppe , où la mer se présente sans autres bornes que l'horizon ; spectacle dont on ne jouit pas complètement à l'embouchure de la Seine.

Alontivilliers, qui est la première ville que l’on rencontre sur cette route, est située à l’extrémité d’une jolie vallée qu’arrose la Lézarde, petite rivière dont le nom exprime fort bien la marche rampante et sinueuse.

[/histoire de Alontivilliers est tout entière dans celle de son abbaye, dont la fondation remonte à l’an 682. 11 n’est pas jusqu’à son nom Afonasterium villare, qu’on a traduit par Mouslier champêtre , qui ne soit tout-à-fait monacal. Dans le quatorzième siècle, on fit de cette ville uneplace forte, comme l’indiquent encore quelques ruines que l’on aperçoit à sa principale entrée. A cette époque, et meme antérieurement, Montivilliers possédait des fabriques de draps qui jouissaient d’une telle réputation, que plusieurs autres villes ne trouvaient pas de moyen plus sûr pour accréditer les leurs, que de contrefaire la marque de ceux de Montivilliers. Une ordonnance royale fit justice de cet abus que l’on renouvelle encore aujourd’hui à l’égard de nos villes manufacturières les plus célèbres; mais elles croient inutile de s’en plaindre dans un temps où l’empire des noms

LES BOltDS DE LA MER. 5

est passé, et où c’est uniquement à l’œuvre que l’on reconnaît l’artisan.

Nous n’avons trouvé pour nous transporter à Dieppe qu’une espèce de fourgon ' qui fait à Montivilliers une Laite pendant laquelle nous avons en le temps d’aller visiter l’église de l’abbaye , aujourd’hui l'église paroissiale. Léon m’engagea à fixer particulièrement mes regards sur la tour, admirée par les amateurs d’architecture normande, qui s’extasient aussi dans l’intérieur devant une galerie de pierre en filigrane, et quelques chapiteaux ornés de sculptures , du dessin le plus uniforme et du travail le plus grossier; mais c’est justement ce qui en fait la beauté.

D’après les conjectures des étymologistcs, c’est dans le pays qui sépare Montivilliers de Fécamp qu’ont dû particulièrement séjourner les Saxons , dont les invasions précédèrent celles des Normands. Il est en effet remarquable que les noms de presque tous les villages de cette contrée aient la désinence saxonne lot, comme Prétot, Houcqueiot, Roufof, et, par-dessus tout Sassetot, dérivé de Saxonum tofla, qui, à lui seul, est bien fait pour lever les doutes des plus incrédules.

La monotonie des paysages me dispense des descriptions. Nous sommes toujours dans le pays de

4 Il existe maintenant une diligence sur cette route

LES BORDS IIE LA MER

Caux, c’cst-à-dire an milieu de plaines admirablement cultivées, et parsemées, à des distances à-peuprès égales, de villages cachés derrière une triple ceinture d'arbres de liante futaie. Rien n'est plus riche, mais rien n’est plus uniforme;

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