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peqt, sétendait depuis les plaines de Caen et du ftessin jusqu'aux confins de la Bretagne, province uvec laquelle il a, du feste, plus d'un poiut de ressemblance. C’est aux notnbreuses forêts dont il est couvert qu’il a dû sou nom. Celles de Saint-Sever, de Gqvrai, de Gars, et d jwteinna, justifient cette dénomination. Kn parcourant les champs conquis par l’industrie agricole , la .multitude d’arbres et de haies ■vives (|ui entourent chaque propriété, les plants de pommiers qni ombragent les habitations et peuplent les vergers , présentent encore aujourd'hui à l’œil agréablement, trouipé l'aspect d’un, boc>épais saus autres limites que l’horizon. Ces grandes routes, dont les lignes blanches se détachent v* veinent sur les teintes vertes et foncées du paysage; coupent seules cet immense fourré. Ce n’est qu’à mesure que l’on y pénètre que l'on découvre successivement et toujours 'dans un cercle .très étroit les. habitations, les prés , et les champs consacrés à la culture. I., uniformité de cet océan de verdure est aussi parfois heureusement interrompue f>ar les ondulations qu'occasionent les vais du Bocage, tandis que les rivières qui les arrosent unissent lé murmure de leurs cascades à celui du-feuillage, œt que les vastes étangs -qui’s’y trouvent éclairent et égaient les gorges des vallées en reflétant l’azur éclatant des ciçux, *
Ces considérât ipus sur le Bocage contribuèrent à.
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abroger lu temps qne nous (nîmes à franchir l’espace
qui sépare Contenu: de Domjront. Elles furent quel-
quefois interrompues par les réflexions que nous' inspirait l’aspect des campagnes que nous traversions. I*i culture nous v parut géüéralement dans - . un- état satisfaisant ; mais il *n'en est pas de même delà population, dont l’extérieur du moins semble annoncer Une misère et des besoins en contradiction avec la fertilité du pavs. S’il ya quelque chose de réel dans cet état de malaise apparent, cela' ne viendrait-il pas dé ce que l'industrie ne concourt pointasses activement avec l'agriculture à propager le*bieu-étre qui ùèst jamais complet qii 'autant' qu’elles marchent ensemble:’ Il est évident, en effet, que l’agriculture, quand elle ne répand pas ses produits au-delà du cerclequi les voit naitVe , ne suffit qù’à la nourriture de l’homme. C’est l’industrie qui lui donne une habitation saifle et commode, et qui le couvre d’un habit décent. »■'
• Dom front , qui, de l’aveu même de ses habitants, est une vilSine petite ville; mal bâtie, mal alignée, et sans aucun mouvement remarquable, se présente pointant sous un point de vue assez pittoresque, en venant de Couterne. Elle doit rendre grâce de cet avantage à sa situation élevée et aux-rnines de ses fortifications et (le son cbateau. Suivant ses annalistes,' son nom lui 'vient d’un certain saint Front, dont Fexistenee n’est guère établie, jecrois , que par
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la tradition, ou. d'un officier romain appelé Defieusor ,, aiusi que l'attestent* disent-ils, des médailles dor et de cuivre trouvées dans une île de- la Mayenne; d'autres prétendent pourtant qitil est tiré de la combinaison des mots celtiques dan-frM (élévation près d’une rivière)', ou dom-frqnt ( hnbrtation sur une hauteur). J’abandonne le ôhoix 'do ces étymologiçs à ceux qui trouveront plus de raisons pour se déterminer en faveur de laine que de l’autre. s- • •• •
11 est difficile à ceux qui ont lu Scarron, lioquelaure ou l’abbé Dulaurens, d entendre prononcer sérieitsetueiitle nom de Don front. Pour moi, à mesure que j’approebais davantage de ses murs, la foule des réminiscences plus ou moins bouffonnes qui assiégeaient ma pensée, me disposait à une hilarité que j’étais près d'abandonner à son cours, lorsque je remarquai que Léon Itail dans une disposition d'esprit aussi grave qril la mienne était gaie. Occupé à parcouru- un petit livre intitulé : Essai sur' [histoire et les antiquités de la ville et de l an^ndissenienl de Domfront,< je voyais sa physionomie se rembrunir à chaque page. «Est-ce que lhistorien dn Passais ou du Pisfaye r lui dis-je enfin, aurait pris les. choses plus sérieusement que l'hisloricn de ttagoün ou celai du compère Mathieu i* — Il faut avouer, me répondit-il , que jamais choix ne fut pllis bizarre et moins fondé que celui qu il a plu à ces
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écrivains, aussi bien qu'au biographe' de Hogep- Iton-Trmps, de faire de la ville de Doinfront pourobjet de leurs mauvaises plaisanteries et pour théâtre des jeux grote*sques de leur imagination. Savez-vous, poursuivit-il , sous quelle image cette inalbourentiè petite ville, attachée sur un rocher, qdç d’énormes fortifications rendaient plus inaccessible encore, se présenter à mon esprit? — Je ne me crois pas d'iuinmgr assez sérieuse pour le deviner maintenant, lui répondis-je. -r- Sons celle de Prométbée dédiiré par mille vautours, s’écria Léon. Lisez son , • liistoire , ajouta-t-il en remettant entre mes mains kl brochure qn’il avait dans les siennes, et vous jugerez ri la comparaison est trop forte. Les mars flanqués de vingt-quatre tours, le château carré, les: chemins couverts et les remparts, qui auraient dfr protéger cette place, ne servirent qu’â la rendre le but de lotîtes les ambitions féodales du vpisinage.‘ Tous les petits tyrans <Mentour.se précipitèrent alternativement sur elle comme dès oiseaux de proie stir uue^pâture dont ils se disputent les lambeaux.' # Ses annales n’offrent qu'une suite non interrompue de sièges, de combats et d’assauts. Vainement ses' habitants espérèrent-ils se dérober â la cruauté de Robert de Bcllêmc , en je mettant à la merci Je Hearil", Celui-ci, (fin n'était point encore roi d'Augletenq ni due de Normandie, en fil le point d’appui de ses entreprises- centre son frère Robert , et
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attira spns les murs de Dôm front tbus les fléaux dé .eette guerré sacrilège. • • ■ 1
u Doinfront fut aussi une des villes sur lc^qtiélleé Philippe-Auguste fit retomber le poids de I ambitieuse indignation quelqi fnspira la mort du jeune ; Attiras de Bretagne , assassiné par Jean-saris- Terre. En 1 3 56 , die fut prise par Philippe de Navarre, qui la remit aux Anglais. Le duc , de Bretagne la fit 'iniitiiement assiéger en 1 4 1 2 ; mais, «n 1 4 ■ H, elle succomba de nouveau, après une glorieuse résistance, sous leséoups fie Warwick. La misère de ce pays , toujours ravagé par de nouvelles guerres , fut , portée à un tel degré sous la domination- anglaise, ■épie plus dé Cent radie habitants s'arrachèrent au sol qui les avait vus naître, et cherchèrent en Bretagne uue*p»trie plus paisible. Les succès de Charles Vil apportèrent quelque soulagément #ces maux , dont les dernières traces avaient à peine disparu lorsque les guerres religieuses en rouvrirent une source encore plus funeste. C’est dans les murs de Doinfront qué fut pris', le 26 août 1674 , cet infortuné Moiltr goni mery, auquel la capitulation faite avec le màré- • chai Matignon garantissait la vio, mais qui n‘en fift pas moins décapité à Paris un mois après. Depuis oettO époque jusqu'à nos jours, les troubles de la ligrie, des maladies .contagieuses, et le? secethses de la révolution*, ont successivement porté atteinte à la prospérité de ce pays -voué au malheur, » •
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te Bomfront a acheté asse* cher 1 honneur d a voir servi de séjour à plusieurs pérsonnages. célèbres-,, attirés Mans ses murs par l’importance des évé»euieuts dont ils étaient témoins, pouf ne pas reuqhcer volontiers à la petift vauité de vqir énumérer leur» noms. Guillaume^e-Conquéraut,’ Henri F r , et . Henri II, y résidèrent plus ou moins long-temps, liléonorp ,tle Guyenne, femme de ce dernièr,..y donna le jour a une filje qui reçut le noin de sa mère. Charles Ylll y passa en allant en péleriuago au mont.Saiut-Micbel, et'Charles IX, accompagné de Catherine de MédiCis, eu sercudant-à Argentan. Aujourd’hui T de simples particuliers auraient . grand 'peine à. trouver à Goinfrent une aubergé» convenable pour se loger. On nous en avait prëue 1 - - mis, et nous uous sommes hâtés en conséquapce de quitter cette pétite ville sans avoir pu nous faire rendre un compte bien satisfaisant de ce vieux prt> vecbe : Domfroni, ville de mat/ieur, arrivé à midi, pendu à une heure; pas seulement te temps de diner. Quelques personnes attribuent cette singulière e*clamatiorr à un chef calviniste qui fut conduit à la *
• potence au moment même où il venait d’arriver et •
detre pris sous les murs de jh ville.
, Ces hommes de la réputation desquels Corneront peut tirer quelque célébrité, sont, entamant l'ordre alphabétique, Achard , évêque do. Séez,- auteur de plusieurs écrits ascétiques ; Verrier, premier coüi-
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(où de Colbert; le docteur de -Sorbonne. Gotfrle*
cuisse, qui fut premier aumônier de Charles. Vl> le capncin François, auteur de. la Science du Prince ; Laitfjtois,- évêque de Së«$, et fondateur du indlégc du même nom à Paris ; Levées , juienibre de l’académie française, ctondes traditions du temps assurent çp’il était 'Unifie*, ce qui ne prouve peut-être pas plus eu faveur de l’académie qu’en faveur de Pacadétuiciou ; Ma rouerie , uiatiiématicicn distingué, et lieutenant de vaissèau , tué sous les ordres -de M. le earnte-dlistaiiig à la prise de Grenade ; l’orientaliste Pouchàrd : le docteur Roussel et son frère, professeur de droit. à Caen; Saint-Germain , poète, qui a laissé plusieurs joiia* pièces eu stylé marotique; et enfin le savant moine Tàssin , qui a écrit entre attirés V Histoire littéraire de Contre de Saint-Maw, dont iï&isàit partie.
Nous avons pris le cbemm de traverse à Saint- Bomer pour nous diriger sur Vire par 'Vmchel>ray . La grande roule, qui se prolonge jusqu'à Condé, décrit un jtngle dont, nous n’avons parcouru, que la base; mais je doute que nous- y ayons beaucoup s gagué, Tiocbebray est une bourgade tout- à-fai t^usignifiaute., dont le nom se trouve pourtant inscrit dans, l’bistoife,. à cause- de la bataille où le plus jeune des fils de Guillanme-le-Conquérant , le trop . beureùx llenri 1", vainquit et fit prisonnier Roberty*®^ son frère et sou souverain légitime. « * . »
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Il faut avoir sûiviles chemins du Bocage pburse faire une idée 1 de l’état* de détérioration dans lequel ils se trouvent, et ce pays est cependant uH de ceux où il aérait le plus facile de les bien eutretèoir ! La nature semble avoir # voulu y épargner iê travail de l’hûriime. l^e roc y perce la tcrvfe à chaque pas, et présente daboodants «Matériaux à la place même où il serait nécessaire de les employer ; mais l apa- (bique habitant ne «a donne pas la peine- de niveler les aspérités de ces rochers. L/8 chemins efi sont pursciués, et vous tcfmbea du so;nrt»et d’un bloc de granit dans tin bourbier profond. Nous fûmes - obligés de lau-e à pied la presque totalité de la rouie; ten craignant encore à chaque iuétaat que notre' voiture vide ne se brisât en éclats. *■* * . *
• Quand nos députés et' nos homme* d'étét sebtiroiif-ils lïmportaucc des chemins praticable» et des communications faciles? quand apercevront-ils quelle serait l’influence immédiate des bonnes mutes sur la civilisation , l'agriculture et l’industrie? quand sé détermineront-ils à provoquer ou à présenter nue
101 claire, précise et forte ; dont l’exécution facile ne^aissera aucun subterfqge à la résistance des par* ticulievs et à riucurie de l’administration 1-Des cité*mms!, des cherr^his ! tel doit être le cri' général er>
jJîVanêe. Souvenons-nous que les Romains ont fait v ^Mu tétrc plus de bien an monde par la création de ces belles Voies, «pie le temps n'a point •enéoré-eti-
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fièrement -détruite»-, qu’ils ne lai' opt fait de mal par lèurs armes. * • ' '•‘‘V-
*• Le Bocage, riche de pi nombreux étangs, arrose par une «i grande quantité de rivières , aurait aussi d’immenses avantages à attendre d’ut) système de canalisation bien Conçu. Avis aux grabds capitalistes, avis aux conseils généraux, et aux conseils d'arrondissement des départements de l'Orne et de là Manche. La carrière des améliorations çst immense dans ce pays, pt il serait difficile de déterminer quel point de prospérité ,H est susceptible d'atteindre sous une administration qtii voudra y protéger et y mettre en pratique les vrais principes de l’économie polrtiqne. - • i . ,
Je ne pouvais me livrera -ces réflexions sans songer que je me trouvais dans le voisinage d\m cfrôteali dont le- propriétaire pouvait utr jour réaliser ces espérances. Lorsque je quittai fa route qui conduit à Condé, pour prendre le chemin de traverse qui mène à Vire, je n’étais pas à pins de deux lieues du village et de la terre du Pont écoulant.. Quelques uns de mes lecteurs se souviendront peut-être que l'Ermite, de la Chaussée -d’Antio, en i8ii, a fait la peinture de ce délicieux coin de terre ét de ses habitants- 1 , j’ai regretté vivemeht que l'absence des
1 Vhic ijErrait* de la Ç'haMttee-d'jfnlin | ,r Volume page 5g (la Vie «1e château ).
K Fl MIT K Eli PEOVIHCE*, A’4I. I I
l6?. • ’ LE ROC A CE.
propriétaires, auxquels la plus tçudre amitié me lie depuis trente ans, ne m'ait pas permis d'aller retremper mon esprit et mon coeur dans des lieux où'j’ai passé quelques uns des plus heureux jours de ma vie. . 1 . ... — . . *•
Quoique, le chemin s améliorât sensiblement à mesure que nous approchions davantage de Vire, nous contHiuames.notfe- route à pied. Le charme du paysage qui environne celte villa nous faisait alors un plaisir de ce qui n'avait été jusque-là qu'une fatigue stérile. Nous abandonnâmes même les. voies battues pour chercher les aspects les plus favorables que cette industrieuse cil)', présente du sommet des hauteurs qui 1? dominent. Assis sur une de ces éminences les plus agrestes et les plus solitaires, nous reposions nos^ veux sur les. ruines du doujon de Vire, que uous avions en face, quand nous entendîmes prononcer,. du ton que l’qtr met ■liabkuelhv ment à une lecture soutenue, ce que. nos lecteurs vont lire à leur, tour ... ..
.. «La connaissance de l’autiquité a des charmes s secrets pour tous les hommes j on aime à connaître • ce. qui s'est 1 - passé dans les.siçcles qui nous ont •« précédés. Le récit des actions de nos ancêtres u nous cachante et- nous attendrit;, la vpe d’uue « ruine antique imprime dans l'imagination un ca- « ractère de grandeur que n’eut peut-être ipéme
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