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origine hébraïque. Le nom de Falex, qu elle a conservé parmi ceux des enfants ou pctits-enfantsdeNoé, ne laisse aucun doute sur le véritable fondateur de Falaise. Vous souriez? je partagerais peut-être votre incrédulité si c’étaient là les seuls rapports que ce pays puisse se glorifier d’avoir eus avec les pères du genre humain; niais, grâce au même concours des étymologies et de l’histoire, nous savons encore, à n’en pouvoir douter, que c’est au patriarche Gommer , qui vint fixer sa résidence aux environs de notre ville, que le mont, appelé Mont-Gommery , doit le nom porté avec quelque éclat dans nos temps modernes par la famille du brave et malheureux adversaire de Henri II. Je conçois qu’au premier abord , un esprit peu accoutumé à sonder les profondeurs de l'antiquité recule devant l’idée d’une origine aussi ancienne; mais on finit par la trouver nécessaire, car comment expliquer autrement la puissance d’une ville qui avait établi des colonies en Italie avant la fondation de Rome? D’oii voulezvous en effet que descendent ces Falisques et ces Faléricns qui menacèrent à son berceau la ville éternelle?
« — Vos ancêtres, dit Léon en abondaut dans le sens de l’étymologiste , pourraient revendiquer à aussi juste titre des droits sur la ville de Falesina, dont parle l*line, et qui était, si je ne uie trompe, située en Thrace. — J’en suis personnellement con-
RT 1,’ÉTYMOLOGJSTE.
vaincu , repartit le Falésien ; cependant c’est un point qu'ont négligé d’éclaircir les annalistes de notre ville. Je ne vous dissiimderai pas non plus, continua-t-il, que d’autres savants ont trouvé dans la première syllabe de Falaise le nom de la déesse Fêlé, chatte de Diane; mais tout peut s’accorder en rapportant cette seconde étymologie au temps où les Falésiens égarés abandonnèrent le culte du vrai Dieu. Quant à la seconde syllabe, on y reconnaît unanimement le nom de la déesse Lis, à laquelle cette ville était consacrée. Cela devient patent aux yeux les moins clairvoyants dès que l’on fait attention que le signe symbolique d’Isis est un vaisseau, et que la figure de notre ville est précisément celle d’une nef dont le château, sur lequel nous nous trouvons en ce moment, forme en quelque sorte la poupe. Voyez en effet si nous ne dominons pas la ville comme un pilote placé au gouvernail domine l’ensemble de son bâtiment? »
Nous affirmâmes à letymologiste que nous trouvions que Falaise ressemblait d’une manière tout aussi frappante à un vaisseau qu’à une languette de balance, et il poursuivit avec le sentiment de satisfaction que lui inspirait notre accommodante docilité. « Cette seconde étymologie, non moins incontestable que la première, est sanctionnée par nos monuments. J’aime à croire, messieurs, que vous visiterez nos églises, et j’appellerai particulièrement
8o l’anachorète
votre attention sur celle de la Trinité. Elle remplace un temple consacré jadis au triple culte du soleil (Belenus), delà lime (Félé), et de la terre (Isis). D’augustes images ont succédé à celles des faux dieux; mais à travers les lumières de la vérité, on peut entrevoir encore l’erreur. On retrouve quelques vestiges de ce temple dans les deux galbes d’une des croisées de I église, et dans l’intérieur, la Charité, entourée d’enfants, occupe aujourd'hui la place de l'ancienne Isis; la Foi, une hostie à la main, a succédé à Diane ou la Lune , et l'Espérance, appuyée sur uue ancre, remplace le vaisseau symbolique. C’est ainsi que le culte de la trinité matérielle des trois globes du soleil , de la terre et de la lune, a disparu devant la trinité intellectuelle.
u De quelque côté qu’il tourne ici scs regards, l'homme initié aux secrets de l’antiquité rencontre de nouveaux sujets de méditations; il n’y a pas une roche, pas une grotte autour de nous qui ne recèle quelques mystères. Ceux qui ont bien observé la forme particulière de chacun de ces rochers et ensuite leur disposition générale, ont eu le bonheur d’y voir la triple forme d’un croissant, d’un navire et d’une pyramide, triple image du soleil, de la terre et de la lune ; c’est cependant ce que mes yeux inhabiles n’ont encore pu apercevoir et ce que je venais épier aux premiers rayons du jour, où les objets se présentent toujours avec plus de netteté,