ET LES SOUVENIRS
Cessez cl arlfçtcr des autnrs nation* \g$ diraçim
ilt rotre Juxc. Français , < ôafiâèréz- 1 Ps mtÇ» qui ,
dt «roi* cùlét , baignent votre patrie: foyet
riclw*$ province*, voyez cet porta rreuac» |kmm~
rrc^toir vo» .vaisseaux :• la gloire , l'intérêt , la
nécrsticéj tout 1 vous txoite à l’indust^». * * 9
TmoiTm, £/. dr /Jüÿ/irtj- 7 >»uifK, # *
Le lendemain matin , je me hâtai de commencer , accotopagnë tle v raa promenacte d'observa-
tion.* J admirai les flèches élégantes de la cathédrale' dédiée à saint Maurice; «Des .S’élèvent au-dessov du portail a\ete une hardiesse svelte et jpracic4.se. ■St le goût a bœueoqp à reprendre dans les ferme# et dans les détails de cette , architecture si faussement appelée gothique, on doit avouer que la témérité même de ses ferme» r la - mystérieuse grandeur de ses voûtes, et limitation deij feuillages antiques des. forêts, se trouvent dans une harmonie secréte et
Ermite en province, t. vu.
4<jï . * LES l*p«UME»,TS . .
solennelle avec le caractère de la religion au culte • • .
de laquelle ©n V* consacrée.
Mon guide me fit visitèr l’amjien séminaire où se trouve la bibliothèque . publique; espérons qUc les jeunes sémiuhristes en tircroùt quelque profit. Elle est composée d'un très petit nombre de livres. Je remarquai cependant quelques manuscrits précieux du roi Hcné. l»a galeric de poinjure , divisée en oinq salles, renferme plusieurs morceaux de très bons maîtres; un ErUevenieut des Stibines, par Miéris, touché avec cette délicatesse^et ce fini qui caractérisent ce peïnfte flamand : un Alexandre visitant la fwnille île Darius , par I égrenée, l’un des peiçtres dont le talent a été .Séduit et corrompu par la facilité mollc.et le gôût déprav é de l’école de Boucher, de .son temps premier peintre du' roi ; enfin le beau tableau qui a commencé la réputation de M. Mau- ■zaisse,*r^/'flfce pleurant son coursier ; Cette collection , ou l’on compte peu : doiVv rages faihlés, a été fondée pat 1 ancien membre du directoire, M. Lareveillère Lcpaux, qui, taé dans la Ville d’Angers, employa les loisirs de sa puissance A embellir sa cité natale. Os nWnhrqUji ministres, qui depuis quinze auuées se tout légué le pouvoir, ont eu beaucoup trop è faire pour imiter un tel 'exomplé, et les exigences du budjet ont dù l’emporfer sur le culte des arts. ' • . * .* , • . < . • • , • .
.Sans m arrêter tou^-temps dam te cabinet d’his-
mm
Digifczec
ET tÈS SOUVENIRS. .
toire natbfoUe, qui me parti» inférieur à celui que possède le Matvs je passai dans le jardin botanique, dont l'aspect plaît à foeil et.dont le dessin .est élégant et pittoresque. Hue fontaine ,. plaéée an centre , sert aux irrjgatiuus, et de beaux arbres l'ombragent. M. deTussac, colon.de Saint-Domingue, directeur de det établissement , nous dirigea dans notre promenade; -son mérite semble égaler l’affabilité de sas ■manières. Il nous montra plq*ieur»' végétaux exotr-' <pies, qu’il est parvenu-à acclimater à force de soins. . Nous le quittâmes , sans que liti-méme nous eût parié ta premier dé la Flüre des JnÿUes-, ouvrage dont il est l'auteur, que les •botanistes admirent, et dont la réputation scientifique était parvenue jusqu’à mon ermitage. . ■ -• * •
M. M*** me jnontra successivement la façade decinq différents hospices : c’est une manière de témoigner sa piété; c’es* un acte dfc charité,' âussi vajable peut-étreqne la fondation de cinq abbày'es. Les travanx utiles absorbent tous les soi ns -et toût
le teriips de<j Angevms;âl4 oublient les moines , mais
on ne- petit- songer à tout. • ; .
L’académie d'éuuitàtioii d’Angers attirait autrefois; de tous les pays de l’Europe, • les. amateurs etles adeptes de fart bippiatrique; le bâtiment- seul
subsiste aujourd’hui. Ihi vieil édifice, entouré "de
dix-huit {'rosser tours ët de I aspect le plus misérable, frappa hia cnrtosite ; j’appris avec quelle étonne-
4<*4 ' . fcF.S . MONUMENTS
lncnt’qne les fameux comtes d'Anjou avaient habité
ce triste manoir, dont oji a fait la prison publique et
le dangereux dépftt des poudres, .Si -les priuces
étaient si. mal logés, dans quelles luutes sauvages
devaymf croupir la misère et l’abjeetipa de^ vilains!
Après avoir traversé de uOttveau. les trois allées
d’ormes du ^MaU, leJBoul du Momie, d’où la,per- 1 * » * * * t • • •
specüve est magnifique, el la Tttérie', promenade
du- «quartier de la Doutre , nous terminâmes par la .
visite que. omis devions a ee bel établis$emént qui
sert de succursale â l’école de Châlons-sur-Marne,
, l'école des aÿs et métiers» Klle occupe’ l'anejenne
abbaye cjti Reuccrt: 'quel scandale! Angers, qui
possédait à lui-seul cinquante églises, seixe paroisses,
huit chapitres,. cinq abbayes, quinze-couvents, et
deux oommatulèries de Malte, est \euf aujourd'hui
de toutes ces gloiresl Je plaignis, avec mou guide,
la triste destinée de cette, ville, déshéritée de tant
d’appliiÿ- spirituels , et ne 'se confiant plus aux
prières ‘des moitiés., mai* à l'industrie ; an travail,
ay patriotisme de ses habitants. •
« Je rfo sais toutefois, reprit M. M”‘ en-riant, si • • • .
«les Angevins craieht mériter la commisération
• «que nous vouloir bien leur ^accorder.’ Us sont .
« geas à s’estimer plus heureux' sous le ligne des
« «rts,, de l’équité, et même do qbs élections pré-
« fectoralqs ,. que sqhs celui des oomtès qui raVa-
«geaient leifrs territoires , des bbns abbés qui
* • ET lit» SOUVtmRS. 4°^
« les taillaient : s ri$ regretteut jamais ce bon temps,
« j’irâi le dire il Roule.. L» autour du pays, celui de « la science et de l'industriesobt depuis long-temps « indigène* dans cette ville, qui a repousse avec une « fermeté rare lès troupes Vendéennes contre- les- «rquelles- la retraite précipitée des troupes de la »i' république la força de lutter seule. Les 1 hommes « éclairés et célebtesv n’ont jamais tnanqué à eptte « cité. Elle est. hère d'avoir produit Jeun- bodtn, k- «-défenseur *élé dos droits nàtiouaus, celui qui, /•dans les états-généraux de i5jt>, déploya autant «dé courage que d’éloquence.. Cet homme rtfre, m qui avait deviné Sous quelques points importants « le système représentatif moderne , et doüi le traité « de là riyuliliij ùç a ouvert la carrière si glorieuso- « nient parcourue par Montesquieu , a payé -tribut « à son siècle. C’est un ange plutôt qu’un écrivain-,
■« dit Gabriel Nandé,, ét il ne se montre uu botuine
« que daus Son ouvrage sur la sorcellerie. Ln ilémo- « runnanie de Jeau Bodin’ est' eti effet. l'un des plus « étranges monuments de la crédulité d’uu grand .■«esprit; on .ne peut la eomparèl - qu’aux rêveries* « de Cardon , qui. voyait le diable en se mettant à la «'fenêtre. Comment tant de raison et dè folie pou- « veut-elles se réunir dans le cerveau d'un seul ru bonune, et s'accoupler par la queue-W comme dit Moutaigne. « , ’ . . >
L'infatigable M. M"** me. cita .encore le chance^
4ofj 1,E* MONUWKSTS' . .* •
lier. de France Poyel , qui subit, ,ei> «548, dn jugement hoateiM ; U famille des AgraUlt, composée du
père , savant jurisconsulte, de son fils, qui suivit la même route que lui , et de ses filles, qui muèrent fi asses mauvais vers; 1 le théologien- Habin ; ta marquise de ltoufjle.i s, Bernard de Mertège, écrivain , voyageur, et secrétaire de la chambre'de HanriiV ; le fameux Barnier, homme de sens, homme instruit, qui parcourut joute l'Asie’; et dont les- observations ont eucore de la valeur; uu autre Bêmier, curé de Sfiini-Laufl , qui fut Vainc dû conseil des Vendéen», opéra en grande partie la pacification de la Vendée, obtint l’évéebé d’Orléaiue, et mourut, em iH«5, sanë avoir reçu le chapeau de cardinal , bm unique de ses efforts; le graveur Boutin; Bonnaw'e ,ia ndateur de la manufacture royale, des toile» 'à -voiles pour la marine, le plus grand etablissement -industrie} que possédé, la ville d'Angers ; M. J au fart Büiï naute, son {gendre, qui a 'considérablement acèru l’état florissant de cette manufacture ; Bmju,, philo sophe r poète , jurisconsulte , sans que persoimè au- , ’ • jourd'iiui s’en douté; les libres DeJmtnar , \\m menu bre de laâsembjco législative et de la- èouyCnticfn ; t autre, membre de la convention , du conseil des cinq cetrts, delà cour de cassation, et niorten 1 8 * 4 , président de la cour royale d’Angers; Gallois?, jéerivain politique, publiciste ; et érudit-; [Legouxut? Ld Boulaye, v oyagéin-, mort à Lspaha», on lepchah
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lui a foie élever un tombeau ; Le Loyer,' hommesavant et cfédale,' qui, comme Bodin, avait foi aux sorciers; Merle f de La Boulay.e , botaniste savant ; Moreau , qui mit en ‘musique les chœurs d'Athalie et à'Esther; Joachim de Rouairtt, qui aida Charles VIII à chasser les Anglais de la Guienne; Gilles Ménage, modèle des pédants, homme instruit de tout ee qu’il . est inutile de savoir, auteur de la chanson de M. de La Palisse, et de petits vers jjrees , espagnols, et italiens, sans génie, sans grâce, et immortalisé par la terrible vengeance de Molière , dont i\ Jetait déclaré l’ennemi , et qui le reiprésènta aolis les traits de Vadins; lu comédien Montfleury ; enfin Folney , l’une des célébrités le# plus méritées des derniers temps , esprit fort , justç , et sagace , doué d'un talent de style origîual et vigoureu*, observateur exact dçs mœurs dé l’Orient et'l’Uu . des plus respectables objets de la haine de ceux qui voudraient - mettre l'intelligence humante èn interdit. ' ' V
jo8 • . • «Autioa, . • .
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