GRENOBLE
vrages; ils suppléeront à mon insuffisance. Partons... " Et déjà nous étions dans la rue.
vi A tout seigneur tout honneur, me dit mon guide : commençoiu par les jardins de la préfecture... Prenons dn càté de la place GreneUe; le chemin est plus court... Ce jardin, comme vous le voyez , est fort bien entretenu : la terrasse , plantée de marronniers que vous apercevez d'ici, est une espèce de salon où si; rciiuit \c soir le beau monde de Grenoble ; on y est aussi pressé qu au boulevart de Gand, àParis.
« Grenoble doit ce jardin au connétable de Lesdîgulères, comme cette ville lui doit aussi la muraille qui lenveloppe au nord. Le plus gros des marronniers porte le nom du connétable. Approchons de cet arbre^ vous y verrez une glorieuse marque de la vigoureuse défense des Grenoblois eu 1 81 5 ; c*est le trou d*un obus tiré par les Piémontais du-* rant le siège.
«Notre ville peut être considérée comme une place de guerre moins encore par ses fortifications que par sa position. Ti'Isère et des rocliers élevés la défendent du côté de la porte Saint-Laurent, sur la route de Cbambéry, et du côté de la porte de France, vers Lyon. Les antres entrées de la ville sont protégées par des murailles et des fossés que Ton remplit d*eaa tontes les fins que la. défense ïexÏQc, mais le meilleur rempart de Grenoble est
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lté font agents de police par honneur, et espions de l\ U'anger par amour de 1 ancien ordre de choses, avait, eu i8i5, donné avis au chef des U'oupes piémontaises que notre place était vide de ioldats: le général «spérak s'emparer facileiiieot d'uoe ville qoi n*avait pour défenseurs que ses seols habitants^ mais, à Tapparidoo des baonières ennemies, tous les citoyens, armés ou non armés, se précipitèrent vers les points menacés : le canon était servi par des enfants; les femmes distribuaient les cartouches: c'était une famille de Bayards s animant à la vue de reooemi pour le terrasser. Plus de donae cents Piémontais trouvèrent la mort an pied de nos murailles ; et, chose nouvelle dans les fastes militaires, ce furent les assiégeants qui proposèrent de capituler. Ainsi la ville de (ircuoble, après avoir, la première, appelé les Français à la liberté, leur donna le dernier exemple de ce que peut le patriotisme combattant povr rindépendance nationale. Afin de pei|>étner le souvenir de cette gloriense journée, les citoyens de Grenoble avaient résolu de célébrer chaque année l époque du 6 juillet par un banquet de deux cents couverts sur les hauteurs de la porte de France; mais tous les citoyens ont pris part à la défense, et tous veulent avoir part à la fête: au lieu du rocher peu spacieux où elle s'est célébrée jusqulct, on a choisi la belle prairie de Fontainey an
ha» des montagnes qui s*éteiideiit vcn SeaicDagc; c*e8t un lien plus convenable pour un banquet où
dix mille personnes iront s'asseoir: les pieds délicats de nos jolies danseuses fouleront légèrement ces beaux tapis de verdure^ et chaque année les échos des montagnes répéteront nos cris de joie et nos chants de victoire^ pourvu toutefois qu'on ne s «vise pas de trouver dans cette honorable commémoration quelque couleur libérale, et pai'tant séditieuse: cai" dans uu temps où des hommes ont pu se vanter, comme d'un acte de Hdéiité, d'avoir hvré le port de Toulon aux Aillais, dautres hommes pourraient bien considérer comme une félonie la défense de Grenoble contre )es soldats du roi de Sardaigne.
«Afin de mêler Tagréable an sérieux, selon le précepte d Horace, contmua mon savant cicérone, je vous ramènerai sur cette terrasse à l'heure de la . promenade ; vous y verrez nos Grenobloises, et vous m'en direz votre avis. On ue cultive pas les fleurs en tontes saisons* on ne. lait pas la cour aux belles à tout âge; mais dans tous les temps Faspect des femmes et des fleurs r^ouit les yeux.
« Cette rue que nous traversons est celle de lUtV pital; établissement dont l'administration est excellente, parccquelle a été confiée à des hommes pleins de xêle et de charité. Vous voyea à notre droite le pont de Pîem: oettc.belle croix que vous y remarquez y fut apportée, en 1817, par des mîs^