‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Essais sur les moeurs. Tome 10 (volume 3)Chapitre 12 sur 40 · GR£NOBL · texte numérisé non relu

GR£NOBL

Le BMvdnie w cMcbe le Mir MDqoilleaMBi for «ne nowtéà» ^fû diange pendaat b mit, et ^« il OM obligé dTalMadowier le matin ;• son r<V«ii.

La liituvùut.

« 11 ne tlort pas. — 11 dort; vous u entrerez pas.— J'entrerai. — Mais vous ne le connaisse/, pus! -~ Je le connais, » Je mis fin à la dispute par uu coup de fonnette. l^c domestique entra suivi d un vieiUard de soûumte à soixante-six ans, droit, frais, et bien conservé, pcwidré à Uanci cbapein en- eleque, t»^ Haut des Uvres dans une main et 4es gazetiet deoa Faiitre. Le petit homme, sans laisser au domestiiiae le temps de s'expliquer: «< Ce drôle, a-t-il dit, voulait nrcmpèclicr de remplir mon devoir auprès de vous... Retirez-vous, butor; ne voyes^vous pas que, monsieur et moi, nous avons à parier d'affaires! » et, le poussant par les dpaules, il le mit à la porte; revenant ensuite vers mon lit : « Je ne me serais pas trompé , continua-t-il, je vous aurais reconnu entre

6BENOBLE. 7'

dix mille ; voilà bien t Ermite de iaChavssée^Àntin, t Ermite de la Guianc, f Ermite m /^oi'mce, trails pour traits, tel que je me le suis loug-temps B- Ipiré!...» Je voulus 1 nit(MrntH|>re: «Ne soyez pas surpris, cootinua-^ii, si j'ai été aussi promptement informé de votre arrivée; j*ai mes correspondances secrètes , et jour par jour j'étais instmit de votre itî* néraire. Mon métier est de savoir et de dire ce qui se passe; en ma double (|iialité de libraire et de journaliste, je parie à tout le monde et de tout le monde: demain votre arrivée en cette ville sera annoncée dans la feuille du département, ainsi qnc rhonneur que vous avea bien voulu me faire de me» recevoir le premier. Je me nomme N***, je demenre ici près, et je vous laisse le journal, que j'aurai soin de vous apporter tous les matins de très bonne heure : le préièt lui-même ne le lira qu'après vous. Mais vos moments sont précieux, je ne veux pas vous tenir plus long*temps; si mes petits services peuvent vous être agréables, personne ne connaît mieiix la ville: je vous offre tout ce que je sais, tout ce que je puis; et, en attendant vos ordres, je coure faire mon article. " En achevant son discours, le petit homme, qui s'était un peu dépoudré en gesticulant, sortait, comme il était entrée avec beaucoup de précipitation : je le rappelai pour le prier instamment de ne parler de mon arrivée ni dans sa feuille m dans sa bouti^ «Ccst oe que je ne

73 cnCNOBLE.

pui> vous promettre, me i«'|)on(lir il , car jo serais uu homme perdu, déslionorc, si ou vcuait à le savoir par an autre que par moi. — Et moi, je voua préviens que , si Tons dites un mot , je tous déshonore par un moyen bien plus sûr: je disparais à Theure même , et je vous fais passer pour un {];azetler mente ur. — Le reproche s'adresse à tant de monde, qu'il ne blesse plus personne; mais une crainte plus réelle euchaioera ma plume et ma laD(}uc : je ne veux pas priver mes concitoyens de Tavantage de vous posséder, même incognito, — A cette condition, M. N***, j'accepte avec reconnaissance Toffre *que vous voulez bien me faire de ^ider mes pas et mes observations dans la ville de Grenoble. — M. rKrmite, sous deux heures je suis à vous, et nous commeuccrous nos courses, n

Mon libraire nonveitiste a été exact; il est anivé haletant, et, secouant avec son mouchoir la pous^ sière de ses pieds. « J*ai beaucoup couru , m*a-t4I dit; je désirais vous amener, sans trahir votre inco- (p[lito, M. Champolion-ri|jeac, jirofcsseur de littérature {]recquc: c'est un savant très estimable, qui a écrit un Trailé sur les Antiquités de Gnmoble; il venait de partir pour la campaj^ne. J*ai passé chez M. Beniat de Saint-Frix, professeur de législation criminelle, auteur de plusieurs écrits estinsés, et des Annuaires de tlsère; j*avais oublié qn*il est à PÉris. Mais, à défaut de lcur> pci-souncs, voici leiii's ou-

Page 1