MOEURS N 1 MOÏSES
l'exil ; et qu'enfin M. Juillerat, dernier ministre protestant qui ait habité la maison Rabaut dans la rue de Monsieur Paul, faillit être lapidé dans le temple, le la novembre i8i5.
Je rentrai chez moi, l'esprit et le cœur absorbés dans les réflexions que tant d’objets pénibles y avaient fait naître, et dont j'aurai occasion, une autre fois, d’entretenir mes lecteurs...
Quelques instants passés ce soir, entre les deux pièces, dans les deux cafés principaux de cette ville, m'en ont plus appris sur les mœurs de scs habitants que n’aurait pu faire en ce moment la fréquentation la plus assidue des sociétés particulières.
Le café de la Comédie, plus connu sous le nom du propriétaire Martin, présente nn mélange piquant de tous les états, de tous les âges, de toutes les professions, et, ce qui n’a lieu dans aucun autre café de Nîmes, de toutes les opinions. La première salle, en entrant du côté du perron, est spacieuse, et serait parfaitement éclairée, si l’éclat des lumières ne s’y trouvait obscurci sous les nuages de fumée de tabac qui s’exhalent de toutes parts: on ne connaît pas ici la distinction des cafés proprement dits et des estaminets.
Là, comme dans tous les lieux publics du même genre, on trouve des habitués et des consommateurs de passage. Les premiers se distinguaient des utres par le ton familier avec lequel ils appelaient