VILLEFRANCHE
Ont cpuisc leur venin satirique
Contre Narbonne, et son sexe, et ses mœurs;
Si l'on en croit une vieille chronique.
Ce fut
« J’avais cru pouvoir vous dire le fait plus décemment en vers qu’en prose; mais uotre langue poétique elle-même est devenue si chaste ! ce qui faisait rire autrefois madame de Sévigné ferait rougir aujourd’hui madame de Geulis. Devinez donc, si vous pouvez, de quel genre était la mésaventure qui donna tant d’humeur aux deux voyageurs parisiens coutre le beau sexe narbonnais.
« Si je vous eusse rencontré dans cette ville, je 11 aurais pas oublié de vous montrer la maison de ce général Mirbel, qui se dévoua si généreusement dans la première guerre d’Espagne; la reconnaissance de ses compatriotes a immortalisé cette belle action, en inscrivant ces mots sur la façade de sa maison :
Je servis tf asile à f enfance <f un héros.
« Je me proposais aussi de visiter avec vous les antiquités que cette ville renferme, et la belle collection de médailles de M. le chevalier Viguier.'
« Au nombre des hommes célèbres que Niarbonne a vus naitre, et dont vous n’avez pas fait mention, vous ajouterez, sans doute, ce divin Marc-Auiéle , ce mortel le plus semblable aux dieux, pareequ’il
VIL LE F R ANCIIE.
fit aux hommes tout le bien possible; cet empereur qui appelait la philosophie sa mère, et la cour sa marâtre.
« Puis, en sautaut par-dessus dix-huit siècles, vous retrouverez ici, à-peu-près sous le même nocu, M. le baron Marcorclle, correspondant de l’académie des sciences de Paris , auteur de plusieurs mémoires de médecine et d’histoire naturelle.
« L’abbé Pourrit, auquel nous devons la Clitoris Narbonnensis , un Voyage au mont Serrât, et uu catalogue de toutes les plantes qui croissent dans la Gaule narbonnaise.
« Bartliez père, auteur de mémoires d'économie rurale, sur les moyens propres à améliorer la province du Languedoc : les grands talents sont héréditaires dans cette famille.
« M. de Barthez, premier médecin du duc d’Orléans, et chancelier de l’université de médecine de Montpellier, fut surnommé X Hippocrate français : sa Science de il/omme, sa Nouvelle mécanique de C Homme et des Animaux, son Traité des maladies goutteuses, ont pleinement justifié ce titre.
« Il est à remarquer que ce grand médecin, dont les écrits lumineux ont reculé les bornes de la science, n’a pas même été mentionné par le jury décennal : avouez donc avec moi que l’on ferait un bien gros recueil des arrêts burlesques de ce congrès académique qui préside aux destinées littéraires de la France.