Oeuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Essais sur les moeurs. Tome 6
Ce premier volume de l’Ermite de la Guiaiie «‘St le liuitième d'un recueil d’observations où je me suis proposé de peindre les mœurs des l'raneais à l'époque de leur histoire où cette tâche était, sans contredit, la plus difficile à remplir. Un écrivain n’a pas moins de peine à siiisir la physionomie d'un peuple violemment af;ité «ju’un peintre à fixer les traits d’un individu toujours en mouvem«‘nt : l'immobilité du modèle est pour l'ordinaire une des conditions de la ressemblance du portrait.
Privé «le cet avantage, il m’est néanmoins permis de croire que je n’ai point échoué dans mon entreprise : le succès que ce nouveau Tableau de Paris obtient en France; les traductions qui en ont été faites en anglais, en allemand, et en italien ; les imitations qu'il a fait naître m’autorisent à penser que ce recueil, à défaut d’autre mérite, en a du moins
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lin qui lui est propre, et <jue je crois pouvoir indiquer inoi-inênie; relui de rint('’rét qui résulte, en tout )>iiys, d’un livre dont l'auteur, toujours de bonne foi avec scs lecteurs et avec lui-niéine, ne cluîrehe que la vérité utile, ne parle que de ce qu’il voit, et ne dit tpic ce (ju’il pense ; dont ranteur, ami sincère des lois et du fjouveriieinent de son Jiays, respecte le pouvoir sans le flatter, {{oiirniande les vices sans attaejuer les individus, et se moque des sots sans les ei’aindre (acte de courafje ilont il est permis de se vanter ipiaud on est, comme moi, bien conA'aincu que soltise et méchanceté sont rigoureusement synonymes).
Peut-être aura-t-on peine à croire qu’un ouvrage sur les mœurs nationales, où la satire personnelle n’a jamais trouvé d’accès, ou la critique et l’éloge même ne si? montrent que sous des traits généraux, où je puis assurer fjue l’esprit de parti ne m’a jamais dicté une seule phrase; ]>ciit-être, dis-je, aura-t-on peine à croire (pi’un jiareil ouvrage ait jni me faire des ennemis, même de l’espèce de ceux que je me vantais toul-à-riieure de ne pas craindre. Rien n’est plus vrai, cependant; et je remarque , comme un trait caractéristique
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de l’époque où nous vivons, l’impudente naïveté avec la<]uelle des lihellistcs, rebut de la littérature et de la société, des dénonciateurs à papes, dont l'espèce se multiplie si honteusement, couFessent eux-mêuies leur turpitude, en poussant contre moi des cris de fureur chatjue fois qu’il m’arrive d’exposer un vice ou de sipiialer une bassesse. Sans avoir d’aussi bonnes raisons que La Bruyère pour me consoler d’une semblable injustice, j’ai du moins la certitude qu’elle ne saurait m’atteindre dans l’esprit des honnêtes pens et des véritables hommes de lettres, dont le jupcinent finit toujours par former l’opinion publique.
Je n’ai rien à dire sur ce premier volume de l’Ermite de la Guiane, sinon que j’ai cherché à le rendre dipne des honorables suffrapes que les précédents ont obtenus.
UERMITE
DE LA GÜIANE.