I.ES UNGÈllES
de piété filiale, est aiijoiu'd 'hui la seule ressource qui reste à sa mère; elle trouve le moyen d’en doubler le produit en se chaiyjeant de la tâche de ses compagnes, qui n’ont trouvé que cette manière de lui faire acce{)ter leurs secours. Toujours la première à l’ouvrage, elle ne le quitte qu'au moment où l’on ferme le magasin, pour aller se livrer auprès de sa mère à d’autres occupations qu’elle met au nombre de ses délassements. Ceye conduite exemplaire n’attire point sur elle des regaVds dont elle ignore meme le dauger , et ne lui laisse d'autre perspective qu’une vie laborieuse et obscure, à moins pourtant que le fils de la maîtresse de cette maison , qui m’a souvent parlé de cette jeune fille, n’ait le bon esprit de découvrir en elle toutes les vertus, toutes les qualités qui ne peuvent manquer d’en faire un jour la plus aimable épouse et la plus vertueuse mère de famille.
«Telle est, monsieur, l'iiistoirc d’une classe de femmes dans laquelle se trouve un assez grand nombre d’exceptions honorables delà naturede celle que je viens de vous citer; un extérieur décent, des occupations sédentaires, des babitudes modestes, leur attirent une espèce de considération dont plusieurs sont véritablement dignes, et qui les place au premier rang de ee qu’on est convenu d’appeler les grisettes.... »
Mon cicerone, qui s’apercevait du plaisir que je