LE LANGAGE
ment redevable de eette sensibilité exquise, de ce goût délicat, de ce tact infaillible dont vous êtes douée par excellence.
LA HARONNE.
D’bonncur, clicvalier, je voudrais pouvoir décliner des éloges qu’il en coûte si cher de mériter. C’est un supplice de se trouver en contact sans pouvoir jamais être en rapport avec les objets qui nous environnent ; de souffrir du pli d’une feuille de rose, au milieu de gens qui courent nu-pieds sur des ronces, et qui ne peuvent entendre ni vos plaisirs ni vos chagrins. Je me rappelle à ce sujet de vous avoir entendu dire....
(Ici la dame parla plus bas, et j’eus la discrétion de ne pas écouter plus long-temps. )
Je m’approchai de deux hommes à collet brodé, qui causaient tout haut et debout dans l'embrasure d’une fenêtre ; je ne me trouvai guère moins étranger à leur langage qu’à celui de la dame nerveuse et de son chevalier.
Dialogue en jargon d'assemblée politique, entre MM.C.....etD
.l’ai vu le moment où la motion passait.
Fort heureusement l'ordre du jour en a fait jiis-
ET LA CONVERSATION. l43
tice; ce qu’il y a de plaisant, c’est qu’il a été invoqué avec une chaleur extrême par quelques uns de ceux qui avaient d’abord appuyé la motion.
C’est une méprise à laquelle ces bonnes gens sont maliieurcusement sujets. La majeure partie de toutes les assemblées politiques se compose de membres dont l’éloquence, dans le cours d’une session, se borne à l’emploi de ces mots: appuyé, [ordre du jour, la question préalable. Quand ils sont en verve, il leur arrive quelquefois de prodiguer au hasard les richesses de leur imaginative.
J'aime mieux le silence absolu dans lequel se renferme notre ami L***.
C’est un bomme très utile; il est spécialement chaîné des murmures, et il s’en acquitte avec beaucoup d’intelligence.
Vous avez dû être bien content du discours de Z” ; il s’est d’abord franchement établi sur le grand principe de la souveraineté, et de là, sans quitter le terrain de la question, et dominant son sujet de toute la hauteur de sa pensée, il a fort bien prouvé que le vaisseau de [Etat battu par la tempête révolutionnaire, et froissé contre tant d’écueils, ne pouvait trouver d’abri que dans le port de la monarchie