‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Essais sur les mœurs. Tome 8Chapitre 1 sur 79 · UNE TOURNÉE EN PATS PERDU · texte numérisé non relu

UNE TOURNÉE EN PATS PERDU

teau qui appartenait à Valbreuse. Cependant celle ' courte traversée n’était pas sans intérêt ; il faut avoir comme moi vu le soleil se lever et atteindre son lénith sous toutes les latitudes, il faut pouvoir comparer dans sa mémoire les pompes de la nature sous le tropique, et les beautés plus modestes, et pour ainsi dire plus chastes de nos régions tempérées, pour comprendre toute cette émotion de volupté paisible dont un vieil ermite est saisi, quand, après tant de fatigues et de courses lointaines, il voit se développer au loin les bords sinueux de ees rives natales, plus riantes et aussi belles que les eôtes les plus éloignées. 11 est des associations d’idées singulières dont la raison ne peut se Pendre compte, et dont l’effet est incontestable. En s’éloignant de la terre, en voguant sur une eau limpide, il semble que l’on s’isole des passions humaines, et que l'ame s’ouvre plus facilement aux vagues rêveries et aux lointains souvenirs. Le calme de la nature, la fraîcheur de l’atmosphère , l’admirable coup d’œil offert par ce fleuve , ravivaient pour ainsi dire tous les souvenirs d’une vie agitée dont les images se pressaient dans mon esprit. .le revoyais ces rives de la Loire, dernier asile de notre gloire en i8i5,et, remontant le cours des siècles, je confondais dans mes souvenirs les noms dns Dunois, des Henri IV, des Clisson, des Sully, avec ceux des Pajol, des Roguet, des E.\celmans , des Reille , des Bachelu , des Delort ,

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