UNE TOUKNÉE EN PAYS PERDU
des Lamarque, et de tant d'autres héros dont ces rives garderont la mémoire. Enfin je m'abandonnais .à une véritable rêverie de roman moderne, quand Valbreuse me tira de cet assoupissement physique et de cette allucina.km morale, comme disent les magnétiseurs, pour m’annoncer que notre barque venait d’aborder, et qu’il fallait en descendre.
IjC premier aspect de la Sologne est loin de justifier la mauvaise réputation du pays. Ces bois, ces buissons, ces bruyères, d’un si faible produit pour ceux qui les possèdent, ont un caractère particulier aux yeux du voyageur mélancolique qui aime à retrouver dans les tableaux de la nature un aliment aux idées chagrines qui l’obsèdent ; mais à mesure qu’on s’éloigne des rives de la Loire, le spectacle change , et déjà ce n’est plus la nature attristée, c’est la nature expirante qui s’offre à nos regards. Plus de pâturages , plus de vergers , plus de vignes même ; des plaines de i^blc à perte de vue, deS-Uiarais fétides : les bois, les hameaux^ que l’on rencontre de loin à loin dans ces tristes campagnes, semblent les derniers produits d’une terre épuisée. Les êtres les plus vivants, j’ai presque dit les plus intelligents que l’on trouve au cœur de la Sologne, sont des troupeaux d’oies sous la conduite d’un conducteur armé d’une gaule, à l’extrémité de laquelle flotte un morceau d’étoffe de couleur éclatante.
Quoi qu’il en soit, s’il est vrai que M. Depping le