LE CHAMP DE BATAILLE
toire ne peut le comparer à ce prince de Galles qui cachait sous sa triste armure les vertus d’un héros de l’antiquité.
— .le me trouverais volontiers en présence de ces grandes ombres. Au héros anglais qui nous vainquit au champ de Poitiers, j’opposerais le brave Bertrand Du Guesclin , dont l’épéc arrêta seule le toi-rent des troupes anglaises. Allons , mon cher cicérone, visitons ce champ de bataille.
— J’y consens, mais que verrez-vous là? Les amas d’ossements humains que vous y chercheriez ont depuis long-temps cédé à l’action du temps. Des moissons d’épis ont succédé à ces moissons dliommes tombés sous le fer des preux. Dieu , de sa main bienfaisante, répare les maux que se font les hommes; et sur cette plaine, humectée de tant de sang humain, de fécondes graminées ont depuis long-temps recouvert les traces de cet épouvantable désastre. »
Malgré la philosophie de M. Mersan , je m’obstinai, je l’avoue, dans le désir que j’avais témoigné, et auquel il céda complai.samment. Nous allâmes nous asseoir au milieu des moissons dont, par un effet aussi naturel dans l’ordre physique que remarquable dans l’ordre moral, les champs de bataille voient toujours la fertilité augmenter après les scènes de carnage dont ils ont été les témoins.
La conversation qui s’engagea entre nous roula