‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Essais sur les mœurs. Tome 8Chapitre 4 sur 79 · UNE TOURNÉE EN PAYS PERDU · texte numérisé non relu

UNE TOURNÉE EN PAYS PERDU

sises. La pauvreté du pays n'engage presque jamais ses habitants à passer la Loire et à s’enrichir aux dépens des gens civilisés de l’autre rive. La simplicité des mœurs régne ici; les maisons ne s^t fermées que par un loquet; on ne sait ce quee'est qu'un vol, et encore moins un meurtr%. »

Il avait à peine hui soiMliscours quand nous aperçûmes devant nous une douzaine de robes noires. Nous nous levâmes. « Ce sont, me dit Valbreuse, des missionnaires qui parcourent le pays. Quelle conversion veulent-ils opérer? .Te ne pourrais le dire. Je suis tenté de croire que leurs travaux apostoliques seraient un peu plus utiles s’ils s'adressaient à nos vices sérénissimes , financiers et privilégiés, plutôt qu’aux peccadilles des pauvres citoyens de la Sologne. Bridaine pensait comme moi ; il ne voulait pas qu'on allât attrister les pauvres gens dans leur chaumière, leur parler d’humilité lorsque tout les écrase, et de pénitence quand ils supportent avec couragè les privations de leur vie indigente. Partons, si vous voulez, bon Ermite; ces réflexions et cette rencontre exciteraient votre coqrroux philosophique, comme elles allument ma bile misanthropique. i> •

En effet , nous nous éloignâmes rapidement sans nons apercevoir ni l'un ni l’autre que ma montre, que .j’avais tirée, était restée sur le gazon brûlé par le soleil , sur lequel nous avions pour un moment fuit

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élection de domicile. Après une heure de marche, je voulus connaître l'heure, et, ne trouvant plus ma montre, j’allai.s retourner sur mes pas, quand je vis accourir un paysan qui me remit entre les mains l’ohjet que j'avais pci;du. Ce paysan, qui savait à peine ce que c’était qifune montre, refusa obstinément l'argent que je H^idais lui donner comme récompense de la peine qu'il avait prise et d'une probité si remarquable. «Ma foi, dis-je à Valbrei«e , en voyant s'enfuir notre pasteur qui retournait à toutes jambes à la garde, non pas de ses moutons, mais de ses oies, je commence à ajouter une foi sans réserve à vos observations, qui m’avaient paru jusque-là dictées par votre amertume misanthropique, et par conséquent mêlées de quelque injustice, .l’en reconnais ici la^ justesse , et je ne crainctrai pas de consigner dans les mémoires de mes voyages cette remarque, la seide qui me paraisse plaider en faveur de l'ignorance, mais qui n’est, après tout, qu’une exception à une régie générale. X

Mon guide, m'apprit qu’il réservait à un voyage spécial la revue desuiombreux châteaux qui couvrent le Blaisois et la Touraine. Cependant nous ne pûmes noqs empêcher de remarquer le château de CondiUac, auprès duquel nous passions. Ce domaine patrimonial a été respecté par les révolutionnaires, à qui le nom célèbre du philo.sophe paraît avoir im-

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