‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Essais sur les mœurs. Tome 8Chapitre 62 sur 79 · CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

CORRESPONDANCE

:»UrrED ÜNË TOURNÉE EN BERjVI.

. . Là foni le« (ftiui thcraialet»'tLlt«s%iie* • * • '. ** •. >iluaiiuD a|{TclbI«. ; • ^ • x

Pu.x% /# /('untf, É|>. I. III.. ,

^ U diàteauroqx , avec ses petites maisons sans goût et sans gratte, jetées au milieu donc plaine sablonneuse, ne mérite pas de nous ai;cêter long-temps. L’histoire a conservé Je nom de cette duciiésse de ChàteautpKx qui fit faire quelques sottises, à Louis XV-, et Celui du noble prélat, M. Filz-James, qui ne craignit pas de faire retentir aux oreilles’ du monarque les plaintes de sôn peuple et le scaudale dont ses royales faiblesses remplissaient la cour., Aujourd'iiui une belle nianufacture.de draps est établie Cliâteauroux. Après l’avoir visitée, je passai par Leyroux, vill^e intéressant pour les archéologues, et où les médailles romaines et les monuments gauloisj débris respectables,, sont accumulés avec un

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Iu5(c et un désordre que j’a; admirés sur parole. • < Fulan, par où je dirigeai ma course, appartenait jadis au)t seigneurs dc^Cu/fj/i/. Qe nom, vous l’avou,erez , est digue de figurer à côté des plus grotesques dénominations q*i,aicnt acquis ^ depuis Pantagruel jusqu'à Jocrisse, le droit de nous fakc rire..

Les cômtes de Tâmouade et de Marmelade ont excité récemment les railleries do. pos journaux/ Je demanderai, après madame de StacL^^si Jes ducs de Bouillon sont plus euphoniques quct cenx de Oulant, et si les Crêvecœur et lës.Yilajnquatorze ne sont pas aussi ridicules que les ducs de l'^se et les . marquis de Limonade.* " * • ^

» J^ienon , vi^le petite , industrieuse , située dan^ un canton fertile et pittoresque j a. perdu depuis ia révolution deux ou trois çbuvepts, et l’habitude d’envoyer à Paris une multitude de petits eufanls ' pour y faire apprentissage de cordonnerie. En revanche , les Vierzonais ont établi .plusieurs fabriques, et dû à l’exploUatioti. de diverses .'branchés de commérce un grand accroissement de richesses. Henrichemont , que je me contentai de traverser, me pVtt par le souvenir de Snlly et de Henri IV, qui se mêle à son histoire. L’ami fidèle du Béarnais loi - .donna le nom qu’elle porte aujourd'hui, en souvenir de son boii.- maître.. Rien n’est plus touchant que ce baptême de râmitié. Auparavant,, Henrichemont se nommait £oisùe//c. . . . # *

CORHESPONt)Al»t;È. 3^7

vii Eu' arrivant à Snncerrçf j'elne sentis 'pàs aVce moins de fbrce ce prestige, des ntiins; Sancerrè nie rappelait -ce fameux connctable..qui ebassu Ics An- •glai* de France et piartagea la gloire des Clisson et des Uiiguesclin. Placée ‘sur tme c«llinc, lit ville de Sanwnÿ domine inie yastp étcudue 'de' pay» Sa belle situation, 'Sou aspect pittoresque, 'attirent les regards de «ous cenx qui descendent la'route d/.- Paris à' Lyon. Sancerre est célèbre par sps- vins, et rbominage' q'iic lui. rend' l'Euro'pe.goiirmânde mi; semble très. inérUè.' • «>•; •

« Voilà, mon cher Ermite , 'quelques notidlis'smle Berri. J aurais .pu- vous -parler Châtre, . de

Saint-Amand , du Blanc, d’y/rjenson^-m'ais-jc dois avougr'qiie mes tdfaires né m'ont pas condiiit dans tes parages," «t sans doute vous né. préteiîdea pas tendre visite: â toutes leS Communes 'du rôyâitme. Âtlendez-moi'à Sons, où dnnà'Uù mois, à dater -de tpè jour,.je ne manquerai pas^de me rendre. Si^ar hasard j'ét^'s. le prender à «e post^'. Vous poiive* compten que j’attendrai votre venue ‘dans cettf^petite ville que je. vous indique, et'd’où dons Irons en *Cbanipagne admirer les tristes et glorieux champs de notre dernière 'gloire et-'de nos premiers malheurs. • . . • . • ’ ■ .

Il fallut bien me résigner à 'faire. seul le long- trajet* dont je m’étais promi.sd’abréger J^cours et de* soulager l’ennui par d’aimables et franches cahsétieii.

}'y8. • ■ eOaRKS^ONDANCEî . ■ ■

Qetie pens^ n’étoit pa> sans- quekpie tristssse, et ' ma philosophie fiit tin m'onieot jetée iiprs de ses^ • gotads. Cependant je surmontai a»a faibles«ej«jé me rappelai que la vie n’est «pi'uae série de'désappoiàtemetjts , et je partis, • V ..V'

Me voilà seul en joutà pour la' Bourgpgne. JetravtJTsai beaucoup de vignoble ,-UBecontPée«eBPidp', tpais fertile >«1 cep» qui prodidsejot d’e*c^l«nt jm* sin. Après avoir passé d&ns "pluMeufS. vdla^-de

chétive apparence j j’titteignis £(}Urfi|on-i<iiuy,‘ dai^

les bains sont célèbres. Mon aubergiste ^ittlào^.0r crut voir-en moi-un de' ces malades à la mode ^e la pléthore de' leur bourse attirfe>^n ^ourgOgue; 8 commença jpar. me faire l’élo|^'des médecins ,'^e la vill'e« des èaùz-, dé|[Mbitanta, «t 'sur-tpnt de «oin aùbçrge ; jaâiais pao^gjriste ne‘fut plu» ^versèl. Jéludai ses demandes , et je-me fis cooduine é l‘ét^ blissement des bains’, situé'dans.le faubourg -Saiat- Léger, au-dessoùs d’ime roche imtnense ènvSBOBÔ^p de raines roiq|^pes. Jleiiri 111 fut 'le 'premier £omdateur de ces bains ftuneux, que Hçnri IV-.^^oar-.- , diuâl de Biebelien continuèrent, t)n cour assea vs^ dbntient les sept pûi^ qui composent toute k fi* èhessede Boùrbon-Lancy. On voit, du fond de ces ’piiils, l’onde' thermale s’échapper en -bouillonnant: elle ne brûle ni les lèvres ni l’estomac', qubr^e sa . cbakttr soit iiSuppoi-table’ à.k main'. J’a(|n»irai sar-UxA le puits nommé la Fontaine de la reine.;

• ' . CORRESPONDANCE. iq\y

treize, niches reDvirpnnént. Sal fa\tt ew croire la tradition et un jeune docteur qui voulut bien nie servir de guide , elles sont de constnictiou romaine; et attestent encore le luxë voluptueux avec lequel -cettè nation hautaine ohangeait'en plaisirs inagnilH]ue8 les. soins de'!sa. santé. 'J'écoutai pademment la longue histoire dés statues' romain^ trouvées' en ces lienx, et rémunération -des systèniea'diffërents destiné» à expliquer .un phénonicne htèxplicafale. Pour moi , qui ne sais pomt lire à livré ouvert dans les niÿstères-de la nature , je me cqnt^tai de goûter ces eaux singulières, qni'laissênt dans la bouche un goût désagréable* et fade -, 'et de présenter à leur - vapeur un cachet de montré , dont l’or pâlît à l’instant même, et'just^ la prédiction du docteur,’ qiii ' venait de m’annoncer ce ihtRaclë.. S

Mon jeûné cicerone, m*apprit,quê^es hbmmes'de' la révolution avaient essayé (fe débaptiser BoUrbon- Lancy , et de lui imposer le imm de Eallevue. L'esprit de faction est le même dans tous les temps , et notre épôqüea été tétrioin â son touéde cêltC’ fureur - impuissante 'qui . s’exerce ■ ou plutôt' s'épuise contre le$^ouvénirs et les monuments. "* • ■ ■

«A propos '.dé monuméntsÿ monsieur ■l’Eémite, . vous n’oublierez pas, j’èspere ,' continua le jeûne ^ homme, lamerveille historique et rômanés'qne dont notre ville doit se-gloriti^rfe plus. ‘Médatne la co'n?-, lesse de\Génlis est notre compatriote.' flabillée. en

‘ 38o • CQ«RESI>ONDANCE.-

Arnour,’ coinni<? l’univérs'le saic^ elle 'o -passé ‘daos

c6 canton les preinièpe!( années de sa mémorable, vicr s^ô père était seljpicur de Itourbon-Lancy. l>'Europe a In dans ses mémoires ques» beauté était . surnaturçllè, ^ra'cc ineffable,, soii esprit. universel , sou ame pure’,* sa -conduite digne de Clarisse Harlovt-e, son génie plus vasteqne celüide Voltaire, et son imhdgcncc. sans -égale, .le ne vous apprends rien, mon eber- Iflrmitc; nmis ce résumé succinctdes liuit voluiuos-in-folio de scit Mémoires auto-bk)grapliiques vptis plaira sans doute , si;les longs ou>-

, vrages effraient votre vieillesse. " ■ -, ’i .

' Je remerciai l’csculapc des. bains de la .ville', «t je convin.s qq’nprès avoir si bien parlé de madame -

de Geolisj' il devait n’avoir' rien dTntéressaat à‘, m’apprendre sur Uourbori-Lancy. • *

•Oigilized

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