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battre josqu’à la mort. Si le nombre des assiégeants l’emportait, il fut décidé que cbacuu, au son d'une grosse cloche, mettrait le feu à sa maison, périrait ensuite l’épée à la main en se défendant de me en me , ou se retirerait par la porte du pont de Saéne , dont on abattrait une arche, pour rendre cette conquête inutile aux ennemis.
•I Ainsi fortifiés, nos trois cents citoyens soutinrent pendant quatre heures, avec une valeur incroyable , un second assaut encore plus meurtrier que le premier; ils s’y battirent en désespérés, aidés de leurs femmes qui donnèrent des marques de courage audessus de leur sexe; elles versaient des graisses fondues, des huiles bouillantes, sur leurs ennemis; dépavaient les rues pour les écraser à coups de pierres, prenaient les armes de leurs frères, de leurs maris tués ou blessés, et combattaient avec tout l’acharnement du désespoir et de la vengeance.
Malgré cette résistance, qui tenait du prodige, ç’en était fait, si douze Auxonois, accounis au secours de leurs voisins , et qui partagèrent leur péril à la dernière heure de l’a.s.saut, n’eussent annoncé la prochaine arrivée de troupes fraîches. En effet , le comte de Rantzaw arriva peu après la fin de l’action, et comme il était nuit.
«La résistance opiniâtre des assiégés, jointe à la crainte d’une inondation dont menaçait une pluie de douze heures, força Galéas rebuté à lever le
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siéfjc le 3 novembre, api-ès être demeuré neuf jours devant la place, et y avoir fait une grande perte d’hommes et de munitions; ses soldats, toujours vainqueurs sous Walstein et Tilly , frémissaient de rage de se voir battus par une poignée de bourgeois et d’avoir échoué devant une bicoque. »
A cette héro'ique défense, les Losnois joignirent le généreux orgueil de refuser les titres de noblesse que leur offrait liOiiis XIII. Leur dévouement avait assez de grandeur, et n’attendait rien de la cotte de mailles héraldique.
Napoléon, à son pas.sage en Bourgogne pendant les cent jours, reprocha aux habilants de Saint- .lean-de-Losuc de n’avoir pas, en i8i4, montré le courage de leurs ancêtres.
U Pourquoi nous aviez-vous donné un mauvais maire? lui répondirent-ils. » A la seconde invasion ils firent une vigoureuse résistance.
Mon guide s’étonnait avec moi du silence honteux des historiens qui n’ont pas même rappelé en peu de mots ce trait d’héroïsme, dont les moindres circonstances ont un si grand intérêt. Ce n’est que vei-s la fin du dix- huitième siècle que cette action prodigieuse fut rappelée au souvenir de la France qui oubliait scs enfants, leur gloire, leur sacrifice, et sa grandeur. En Angleterre une telle action eût passé de l’histoire sur la scène , et dans la poésie la plus élevée comme dans la plus popu-
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taire. Malheur aux nations qui se négligent ellesmêmes, qui n’ont pas de respect pour leurs propres vertus , et qui croient avoir des annales historiques , quand les noms des grandes familles remplissent de vastes répertoires de noms, de titres, et d’orgueil !
DIJON
k'ccxu. [x6ji'in 1817.]
DIJON
Dijon, 01*1 tout le monde a de l’etprit.
Ghoslct.
U Nous voici dans les murs de Dijon , cité fière d'avoir produit Buffon, Bossuet, Rameau, Desbrosses , PiroD , Crébillon , et même saint Bernard , dont l’ortliodoxie doit s’étonner de se trouver en compagnie si profane , niais dont le génie et l’ame ardente mériteraient encore cet honneur, toute sainteté à paît. Descendons à l’bôtel du Parc , visitons ensuite l'église de Saint-Bénigne, cathédrale de Dijon, le musée, fort remarquable et fort riche, la bibliothèque publique, également digne d’une ville toute littéraire : de là nous nous rendrons chez un ancien parlementaire de mes amis , homme respectable , pour qui , comme pour tous les gens de robe, la France entière était circonscrite dans l'enceinte du palais judiciaire, mais qui, par son esprit cultivé et son ton plein de politesse , bien qu'un
DIJON. 4^7
peu cérémonieux, vous donnera une idée assez exacte de l'ancienne société dijonnaise. n
Je suivis aveuglément le guide complaisant qui s'était imposé la tâche de suivre ou de diriger mes pas à travei's la Bourgogne , et qui , tout en signalant avec infiniment de tact les préjugés des autres, avait soin de n’en abandonner aucun des siens. Je déplorai avec lui la destruction des mausolées de la cathédrale, modèle du style gothique,' et dont la flèche s'élève dans les airs avec une hardiesse digne des plus beaux monuments de ce genre. J’admirai une Descente de cwix , composition savante , due au pinceau énergique de Jouvenet. La bibliothèque, que je visitai ensuite, m’oTfrit plusieurs manuscrits précieux. « Eh quoi ! dis-je à M. de **', un portrait de Voltaire conservé dans l’enceinte de votre bibliothèque ! Ce respect pour le grand homme ennemi des Garasse et des Nonotte me surprend et me channe. » Le gentilhomme ne répondit rien, et me conduisit au musée qui occupe l’une des ailes de l’ancien palais des ducs de Bourgogne.
Sur le socle d’un fort beau buste de marbre sont inscrits ces mots :
.MONUMENT DE RECONNAISSANCE ET d’aMITIÉ.