A LEUR MAÎTRE, LEUR PERE, ET LFI R AMI
DIJON
Cette inscription , due à la reconnaissance et non à la flatterie, me sembla fort touchante. «C’e.st, me dit M. de ***, le buste de M. Devrys , qui demanda, en 1789, au.\ états-généraux de Dijon la fondation du musée. »
Ce bel établi.ssemcnt renferme aujourd'hui une inflnité d’objets précieux. .l’y remarquai des ouvrages d’arts de toutes especes, des statues en marbre et en plâtre, des bas-reliefs, des médailles, des empreintes de pierres gravées, des curiosités naturelles et artificielles , des gravures, des tableaux , etc. Parmi ces derniers se montre au premier rang un saint .Jérôme du Dominiquin; un paysage de Gaspard Poussin , digne du piticeau large et pittoresque qui distingue ce grand paysagiste ; la Mort de saint François d’ Assises , par Augustin Carache ; plusieurs paysages et tableaux de Vander Vorf , de Teniers, de Van-Ostade, et sur-tout un intérieur d’église du célèbre Peter Neefps , tableau d’une conservation et d’une exécution parfaites; des copies d’un grand mérite , dignes aussi de fixer l’attention ; celle de l’école d’Athènes, d’après Raphaël, exécutée par des élèves habiles sous la direction de Nicolas Poussin, est sur-tout remarquable; un portrait de Mignard , peint par lui-méme , attira aussi mes regards; celui du président Bouhier, par Ijargillière, est du plus bel effet; une sainte Famille, ta-
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bleau original de Rubens, ne le cède eu rien aux plus magniBques productions de ce roi des eoloristes.
Si les moines, dans leur réalité vivante, choquent ma vue et effraient ma pensée , j’en vis avec beaucoup de plaisir soixante- dix sculptés, ou plutôt soixante-dix figures en marbre, de douze pouces de haut, représentant des moines de divers ordres religieux; le faire eu est parfait, et le mouvement des draperies admirable; on préfère là, comme dans les célébrés tableaux de chœur, celles dont le visage est entièrement voilé. Ces statues ornaient les mausolées des ducs de Bourgogne, détruits avec tant d’autres monuments du même genre en 1793,
Parmi les objets antiques je distinguai une petite galère de bronze ; c’était sans doute un ex volo : on l’a trouvée en 1 763, eij labourant la terre au village de Blenau ; il reste encore l’un des deux rameurs qui semblaient conduire le petit navire entre les écueils. La faiblesse humaine se confia toujours aux mêmes superstitions. .l’eus peine à quitter ce magnifique musée , et mou guide m’entraîna presque de vive force loin de ce lieu qui avait tant de .séduction pour moi.
Dijon est une ville élégante, construite avec goût, ornée d’hôtels superbes, embellie par des promenades pittoresques. Celle des Trois-AUées, située
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au pied d'une cuUine, et qui a un quart de lieue de longueur, me semble l’emporter même sur la célèbre promenade d’Aix, à laquelle on la compare. Le goût des arts, l’aisance, et la joie, respirent dans cette capitale de la Bourgogne. Entourée d'une riche ceinture de collines verdoyantes , baignée par les flots de deux rivières , l’Oucbe et la Siizon , elle donne par son aspect seul une idée favorable des mœurs qui y régnent; et cette idée n’est point contredite par le caractère moral et intellectuel de ceux qui l’habitent.
Cependant nous frappâmes à la porte de la maison occupée par l’ancien membre du parlement dijonnais. Fort bien reçus par l’ami de M. ***, nous acceptâmes l’invitation qu’il nous fit de recevoir de lui l’hospitalité. Le lendemain il nous conduisit au palais des anciens ducs de Bourgogne, que nous n’avions fait que traverser. Sur une des clefs de la vieille tour il nous montra le rabot du fameux Jeansans-Peur, devise insultante, réponse terrible à la devise du duc d’Orléans , qui avait choisi pour emblème un bâton couvert de nœuds.
Les noms de Guyton-Morveau,<le M. Maret, duc deBassano, célèbres Dijonnais, se mêlèrent, dans la conversation du membre du parlement, aux souvenirs des anciens états de Bourgogne et aux éclaircissements historiques sur le Caslrum dionense, pre-
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mièrc origine de Dijon. Le lendemain ce vénérable débris d'une magistrature qui seule contrebalança pendant plusieurs siècles les envahissements du pouvoir, me donna communication d’une histoire succincte de la Bourgogne, où il me permit de puiser des renseignements d’un grand intérêt et d’une exactitude incontestable.
ANNALES BOÜHGUIGNONNES.
s” ccxiii. [ jvis i8j7-]
Satl recortis of ill uied lime.