DE L’ESPRIT MILITAIRE
étaient vainqueurs d’autres brigands enrôlés sous les enseignes de Galba. De nos jours encore, il n’est guère accordé d’autre paie aux troupes asiatiques et aux Cosaques irréguliers, que les vols et les brigandages qu’ils exercent dans les pays où les appelle le démon des batailles. Eux aussi, en rentrant dans leur pays, voient couvrir de lauriers et d’honneurs ees dépouilles sanglantes, témoins muets, mais irrécusables, que ceux qui les portent se sont rendus coupables de deux crimes condamnés par la morale et les lois de tous les peuples, mais récompensés à la guerre, le vol et le meurtre.
La permanence des troupes a porté une autre atteinte à la morale : celle d'affaiblir ce qui donne le plus de force au lien social, la confiance réciproque entre les peuples et les gouvernements. Ceux qui n’apparaissent qu’au milieu des baïonnettes peuvent inspirer une certaine crainte, un certain respect; mais rien de ce qui est menaçant ne peut faire naitre les doux sentiments de l'ainour et de la reconnaissance. Le citoyen qui, dans les promenades, au milieu des fêtes publiques, est environné de soldats, qui, même en assistant aux jeux du théâtre, voit de toutes parts des uniformes, des fusils et des glaives, lit vainement dans les. discours d’apparat des phrases banales d’affection et de tendresse paternelle : la force armée qu’il retrouve pattout ne le laisse pas jouir d’une si douce illusion. Là
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encore les faits démentent les paroles: on a beau donner le nom d’amis à ceux qu’on traite en ennemis, le mensonge qui frappe les yeux est démenti par leur témoignage.