‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 La morale appliquée à la politiqueChapitre 165 sur 318 · DUS PEINES IRRÉPARABLES · texte numérisé non relu

DUS PEINES IRRÉPARABLES

tremblantes du magistrat? comment se trouve-t-il encore dans les sociétés policées de l’Europe, dans les états des princes chrétiens , des hommes salariés pour tuer d’autres hommes. >< I/horreur que les « bourreaux inspirent, dit Beccaria , fait assez con- « naître ce que les peuples pensent de la peine de « mort. »

La pitié n’est pas la justice, je le sais; et ce n’est plus au cœur, c’est à la raison des législateurs que je m'adresse. Ne vous trompez-vous pas, leur diraije, en regardant la mort comme le dernier des supplices? Elle n’a d’effroyable que sa pompe; elle n’a de pénible, dans le cours ordinaire de la nature, que les longues douleurs qui la précédent, et vous les épargnez à celui qui passe tout-à-coup de l’être au néant. On a vu souvent le crime et la vertu, le courage et la faiblesse, porter sur l’échafaud une égale indifférence : après tout , on n’y trouve qu’une seule mort ; et si vous croyez nécessaire de raffiner sur les misères humaines, c’estdans les cachots, c’est sons le joug de la honte, c’est snrla terre étrangère, que vous devez chercher la longue et terrible agonie de l’amc et du corps.

C’est sur-tout pour les délits étrangers à la morale , pour les crimes de convention , sur lesquels la fortune prononce avant la justice, que la peine de mort devrait être à jamais abolie. La haine a ses lassitudes, la vengeance a ses retours à l'humanité: le

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