QUELQUES EXEMPLES DE JUSTICE
vaincus par ce grand acte d'équité, et se soumirent volontairement à la puissance romaine.
Valère Maxime, qui raconte ce fait, rappelle aussi celui d’Aristide, qui fit rejeter la proposition par laquelle Thémistocle voulait assurer à Athènes la supériorité sur la Grèce, et loue également le peuple athénien pour n’avoir pas voulu écouter une proposition injuste, et le sénat romain pour avoir refusé de profiter d’une trahison. Eh quoi ! l’action de ce maître decole n’était-elle pas infâme ? et peut-il y avoir quelque gloire à ne pas profiter d’une infamie? Si le sénat eût accepté la trahison, ne lui aurait-il pas fallu aussi accepter le traître , lui accorder des récompenses ; et s’il entrait en partage de son crime, pouvait-il en récuser la honte?
Accepter la proposition de Thémistocle n’était-ce pas commettre une action plus odieuse encore ? De quoi s’agissait-il? de brider la Hotte des Spartiates, de réduire en cendre des vaisseaux qui avaient concouru avec ceux d’Athènes à détruire la flotte des Perses à Salaminc, ces vaisseaux qui étaient encore teints du sang lacédémonien versé pour la défense commune de la Grèce ? Certes, il netait pas nécessaire d être le juste Aristide pour rejeter avec horreur une si détestable proposition. Aristide dit que le projet de Thémistocle était utile, mais injuste; le peuple ne voulut pas le connaître, estimant que ce qui est injuste ne saurait être utile. 11 est à rcmar-
aK.H QUELQUES EXEMPLES T>E JUSTICE.
((lier que jamais proposition iiijusic n’a été acceptée dans aucune assemblée du peuple. C’est dans lesecret des cabinets que se proposèrent le bombardement de Cadix, où régnait la peste, l’incendie de W ashington, l’cnlévemcnt. de la Hotte danoise, et que des ordres furent donnés pour l’exécution de ces crimes politiques.