‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 La morale appliquée à la politiqueChapitre 177 sur 318 · UE LA JUSTICE NATURELLE · texte numérisé non relu

UE LA JUSTICE NATURELLE

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table , celle de la force et de la nécessité ; je brisai une vieille laine de sabre, et j’en suspendis les morceaux à la sagaie des liédas. Ils arrivèrent pendant la nuit en beaucoup plus grand nombreque la veille, et je fus témoin des transports de joie qu’excita parmi eux la vue du trésor dont je payais leurs soins hospitaliers. Tels furent les témoignages de leur reconnaissance, que je ne balançai point à accepter l’offre qu’ils me firent de parcourir avec eux leurs montagnes; c’est à cette circonstance que je dois l’avantage d’avoir visité cette partie de l’ile de Ceylan, où je ne peuse pas qu’aucun Européen ait pénétré avant moi.

Qui n'aperçoit dausla conduite de cette peuplade les principes de cette justice naturelle que je mets au nombre des vertus innées? Tout ne prouve-t-il pas que ces sauvages raisonnent ainsi : Les hommes se doivent mutuellement des secours; celui qui possède est débiteur de celui qui n’a pas? Vous avez du fer de trop, et j’en manque, dit le sauvage à l'homme civilisé; j’ai des provisions en abondance dont je suppose que vous avez besoin; nous nous devons réciproquement une partie de notre superflu ; que si vous refusez de partager le vôtre avec moi, quand je vous donne une part du mien, vous êtes un homme injuste, et vous me donnez le droit de me saisir par la force de ce que je ne voulais tenir que de votre justice.

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