DES CONSIGNATIONS
tés nationales, pour se ménager les moyens de les perdre.
Un catholique irlandais nommé Filz-Hanris , attaché à la cour, protégé par la duchesse de Porthsinouth, et qui venait de recevoir du roi même une somme considérable , se lia avec Everard , un des chefs du parti populaire, et lui proposa de travailler avec luiàun écrit contre la famille régnante. Everard, qui se défiait de Fitz-Harris, lui assigna un rendezvous dans un lieu où se trouvait caché le juge-depaix Waller.
L’agent de la cour y vint, et indiqua sommairement les principaux points qui devaient être traités dans le libelle dout il apporta le projet. Il s’agissait d’y établir que le roi était papiste; qu’il avait, ainsi que son père , favorisé la rébellion de l’Irlande ; qu’il était au pouvoir du peuple de détrôner un roi papiste, et que la nation, ne pouvant compter sur le parlement, devait pourvoir elle -même à sa sûreté.
Fitz-IIarris fut arrêté; on trouva sur lui la copie du projet de libelle; il avoua qu’il avait agi par ordre supérieur, et dévoila cette perfide intrigue. On sut que le projet était d'envoyer des copies de cet écrit séditieux chez les principaux FFhigs, de les y faire saisir, et de profiter d’une semblable preuve pour leur imputer le projet de détrôner le roi, et de renverser le gouvernement.
KT r>ES CRIMES SUPPOSÉS.
Le piège tendu par Fitz-Harris contre livcrard, le fut à sou tour contre ce dernier par un ministre anglican nomme Hawkins: à la sollicitation de celui-ci , chapelain à la tour de Londres, Fitz-Harris fit une nouvelle déclaration, et soutint que ce libelle •‘tait bien véritablement l’ouvrage des ennemis du roi. Sa grâce lui avait été promise à ce prix : l’échafaud fut sa récompense, et Hawkins fut payé du sang de Fitz-Harris par un bénéfice de 3,ooo liv. sterling de revenu. Telles étaient les machinations infernales que, du temps de Charles II, on ne rougissait pas d’appeler des combinaisons politiques. Nous avons peine à y ajouter foi , tant nous avons profité des leçons de l'histoire. Continuons donc à l'interroger , pour y trouver de nouvelles raisons d'applaudir aux progrès que la justice et la morale ont faits parmi nous.
l’lunket , évêque catholique et primat d Irlande, fut arrêté et condamné à mort , comme prévenu d’une conspiration papiste à laquelle le roi ne croyait pas , que la cour elle-même tournait en ridicule : c’était, dit l'historien Hume, le quinzième complot inventé depuis la restauration.
Dans tous ceux qui suivirent , le gouvernement , auquel la magistrature était vendue, descendit jusque dans les plus ignobles tavernes pour y suborner des témoins en sa faveur. Le faux témoignage devint une fonction publique: ceux qui l’exerçaient