‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 La morale appliquée à la politiqueChapitre 197 sur 318 · DES CONSPIRATIONS · texte numérisé non relu

DES CONSPIRATIONS

de ce prince; il fut un de ceux qui s’opposèrent lejiliis fortement au despotisme de Cromwcl : il avait même mérité la disgrâce du protecteur, pour avoir porté à Charles de l’argent fourni par ses amis et par lui-même; quand la restauration arriva , il était encore réfugié sur une terre étrangère. Quelques uns de ses ainis le pressaient de revenir en Angleterre, et lui faisaient même espérer les faveurs de la cour. « Tant que je serai sur la terre , leur répondit-il , je « tâcherai de conserver ma liberté , ou du moins de “ ne pas consentir à la perdre : j’aime ma patrie, il « 111’cst bien pénible d’en être séparé; mais quand “ j’y vois la liberté opprimée, les plus honnêtes gens « en proie aux plus méchants, nul homme en sûreté u que par les lâches moyens de la flatterie et de la « corruption, abandonnerais -je mes anciens prin- « cipes pour apprendre les viles pratiques des cour- « lisans? Non! je ne veux pas déshonorer le passé “ en cherchant à pourvoir à l’avenir. »

Ces généreuses résolutions furent tout le crime de Sidney. 11 avait déjà passé seize ans dans l’exil, lorsqu’il apprit que son père était atteint d’une maladie mortelle; la piété filiale le ramena en Angleterre, la vengeance l’y attendait. Howard l’enlaça dans les filets de Rye-House , et Jefferies prononça contre lui la sentence mortelle. Sidney s’étant écrié: « () Dieu! s’il faut que l’effusion du sang innocent « soit vengée, que ta vengeance ne tombe que sur

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