DES RELIGIONS
céleste et commune, la morale. La plus conforme aux préceptes de la morale est donc aussi la plus divine. C’est la nôtre.
On a prétendu, contre l’évidence des faits, qu’aucune religion n’a ordonné des choses formellement contraires à la morale.
lies religions qui n'admettent pas le libre arbitre sont, par cela seul, immorales. Pourquoi les peuples soumis au dogme de la fatalité résisteraient-ils aux penchants les plus criminels? Céder, n’est-ce pas obéir à la loi du destin ? Les Grecs étaient fa tas listes: selon eux, les dieux ne se contentaient pas d’enchaîner les événements, ils poussaient les hommes au crime ; parmi eux les criminels excitaient la terreur et la pitié, et non l’horreur et le mépris.
Dans les temples, sur le rivage, sur la place publique, la prostitution fut ordonnée, fut offerte comme un acte de religion et de respect envers les dieux.
Ces dieux eux-mêmes, sujets aux passions et aux vices, étaient devenus l’objet de la censure des philosophes et des railleries des poètes. Aristophane livrait aux risées des habitants de l’Attique Mercure, Mars, Vénus, Junon, et n’épargnait pas même Jupiter le maître des dieux.
Les Romains eurent des dieux une idée plus juste : ils jugèrent qu’il était de la nature divine de faire du bien aux hommes; et, pour les honorer,