‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 La morale appliquée à la politiqueChapitre 213 sur 318 · LA POLICE · texte numérisé non relu

LA POLICE

contre eux aucune preuve de cette accusation. Il avait pris ce moyen comme le plus sûr et le plus prompt pour obtenir de l’avancement. Cette déclaration tardive fut reçue par un notaire, et quelques individus lui durent detre déchargés d’une accusation capitale.

L’art cruel des délateurs cherche des accusations vraisemblables, et, par cette raison, presque impossibles à détruire. Sous les derniers princes delà maison des Stuarts, tous les prévenus étaient accusés d’avoir dit que Charles et Jacques manquaient à leurs promesses, violaient leurs serments, étaient les ennemis de la liberté, et voulaient, à l aide du papisme, fonder le pouvoir absolu sur la ruine et l’anéantissement des lois.

Les lois mêmes ne promettent-elles pas l’impunité aux criminels qui dénoncent leurs complices; et, par la plus immorale des combinaisons, l’absolution du premier forfait n’est-elle pas promise au prix d’un second crime? Ainsi celui quia violé la foi publique est invité, par le plus puissant des intérêts, par le sentiment de sa conservation, à violer la foi particulière; et le législateur enseigne qu’il est des pas où la délation et la perfidie méritent récompense ! Honteux aveu de l’infirmité des lois ou de l’invalidité des magistrats.

« Vos agents secrets, disait-on à un lieutenant gé- « itérai de police, sont tous des misérables pris par-

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