‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 La morale appliquée à la politiqueChapitre 239 sur 318 · ANCIENS IMPOTS · texte numérisé non relu

ANCIENS IMPOTS

émoluments, gratifications, droits et rapines, cent vingt millions de la fortune publique, à vingt-huit francs le marc c’est -à -dire plus de deux cent trente millions de francs au taux actuel de l’argent. Tous les efforts de l’ami de Henri IV ne parvinrent à arracher que cinq millions des mains avides auxquelles le recouvrement des taxes avait été imprudemment confié. Cependant, avec ce revenu de trente-cinq millious, Sully parvint, dans l’espace de dix années, à éteindre deux cent millions de dettes, et à mettre en réserve dans les coffres du trésor royal trente millions de livres tournois.

Les impôts, si nombreux, si accablants sous le régne de Louis XIV, ne produisaient au trésor que cent millions, tout le reste était dévoré par les vampires du fisc et les mendiants de la cour.

Dans ce temps de dévotion et d’immoralité, la milice des traitants avait le droit de pénétrer dans tous les asiles, d’enfoncer toutes les portes quelle ne trouvait pas ouvertes. Avide de confiscations et d'amendes auxquelles elle avait part, elle venait saisir avec éclat ce quelle avait elle-même déposé secrètement et dans l’ombre; semblables aux agents provocateurs d’une autre époque, les soldats des fermiers-généraux poursuivaient le délit dont ils étaient les propres auteurs.

Page 1