‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 La morale appliquée à la politiqueChapitre 244 sur 318 · DE L EMPLOI · texte numérisé non relu

DE L EMPLOI

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devoirs le soiu de ménager l'argent de ses sujets; il ne le prodigua ni à des maîtresses, ni à des favoris, ni à des ministres; et si ce prince eut peu de scrupules en matière de religion et même de politique, il en eut beaucoup en fait de probité.

Les gens qui veulent que la justice soit savante et non pas équitable, soutiennent que les jurés n’ont pas assez de lumières pour prouoncer sur les questions qui leur sont soumises. A leur exemple, les financiers de cour sont prêts à prouver que les hommes appelés à discuter les budgets n’ont pas les connaissances requises pour apprécier les ressources et les besoins de l’état. Ce n'est pas assez pour eux des condamnations sans jurés, il leur faut des recettes sans contrôle et des dépenses sans justification.

Un prince a dit : L’étal c'est moi; et ils vont répétant : L'étal c'est le monarque. Or, puisque l’état c’est lui, les revenus de l ctat sont les siens; il a le droit d’en disposer comme il le juge convenable, de changer les gratifications en pensions, de donner aujourd’hui, demain, après-demain encore, à ceux auxquels il a donné hier et tous les jours précédents. Si l’aspect d un autre Saint-Denis l’importune, il peut employer plusieurs années des revenus publics à bâtir un autre Versailles, à construire à grands frais des aquéducs pour faire jouer les eaux dans les lieux auxquels la nature eii a refusé. S’il est dans l’âge des

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passions, nous lui fournirons des maîtresses; et quelques familles , déshonorées aux yeux de la loi sociale, deviendront puissantes et riches par ce commerce adultère. L’histoire ne dit-elle pas: « Le trésor royal fut ouvert à madame de Pompadour, qui , devenue ministre par le même moyen que le cardinal Dubois, nommait et déplaçait les contrôleurs généraux, et mit en crédit les acquits de comptant, genre de billets de notre invention, qui n’avaient besoin pour être payés que de la signature du roi, sans qu’il fût nécessaire de dire pour quelle espèce de service. Louis XV en signa plus de vingt mille. Lorsqu’eu 1745 madame d’Etioles fut officiellement déclarée maîtresse du roi , ne reçut-elle pas , avec le marquisat de Pompadour , une pension de deux cent mille livres? Son royal amant ne lui donna-t-il pas depuis la terre de La Celle, le château et la terre de Crécy, la terre de Menars , le château d’Aulnay , la terre de Saint-Remy-Brimborion , le château de Bellevue? Ne possédait-elle pas de beaux palais à Paris , à Versailles, à Compiégne, à Fontainebleau? Nerecevaitelle pas quinze ou dix-huit cent mille francs par année ? ce qui porte à trente millions au moins la part qui lui fut faite des contributions du peuple, pendant l’espace de vingt ans qu’a duré sa faveur. Les dépenses du Parc-aux-Cerfs se payaient aussi avec des acquits de comptant, et coûtèrent plus de cent millions à l’état. Mais que sont ces munificences royales

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