‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 La morale appliquée à la politiqueChapitre 247 sur 318 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

L)e la probité politique.

Tout gouvernement porte la peine delà violation de ses engagements. En 1771, l’abbé Terray ouvrit un emprunt de huit millions , et eut beaucoup de

;Sy6 UE LA PROBITÉ POLITIQUE. .

peiue à le remplir. Ferdiuand VI, roi d’h'spagne, refusa de payer la dette de ses devanciers, en disant que letat est un majorât dont l’usufruitier n’est obligé que par les dettes qu’il contracte lui-même. Dans les gouvernements absolus, tout le monde est en péril, mais nul n’est responsable, et le jour où il plaît au despote de ne pas payer scs dettes , il n’a plus de créanciers.

« Le système de la dette publique, disait l’abbé >■ Terray aux membres du clergé, compromet l’au- « torité souveraine; il est des cas où le gouverue- « ment peut se constituer juge des engagements « qu’il a été forcé de contracter: ce qu’il importe » sur-tout, c’est d’affranchir l’autorité royale de la « dépendance du besoin. »

Je ne sais si ces maximes ont quelque chose de commun avec le droit divin; mais j’afHrme, sans crainte d’être démenti, qu’elles feraient la honte et le déshonneur d’un simple citoyen. S’il est des hommes privés assez corrompus pour les mettre secrètement en pratique, il n’eu est aucun assez effronté pour oser avancer en public ces maximes honteuses, que professait jadis l’assemblée du clergé de France.

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