DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE
tés n'a pas été méconnu ; par-tout où le bonheur de l’homme a été le but des législateurs, l'éducation de la jeunesse a été leur premier soin , et l'instruction publique l’objet principal des sollicitudes du gouvernement.
L’instruction est un levier moral qui centuple les forces d’un petit nombre d’hommes : Sparte, Athè nés, Venise, Florence, se sont élevées par cette seule puissance à la dignité des plus grands états: l’ignorance, au contraire, réduit à lien les nations les plus populeuses. Les siècles de confusion et de barbarie, qui suivirent la destruction de l’empire romain, l’affaiblissement progressif de l’empire ottoman, rendront témoignage de cette vérité, aussi long-temps que le souvenir de cette longue et profonde dégradation de l’espèce humaine ne sera pas effacé de la mémoire des hommes.
« La plupart des peuples anciens, dit Montes- «quieu, vivaient dans des gouvernements qui ont «la vertu pour principe; leur éducation n’était ja- « mais démentie : Épaminondas , la dernière année «de sa vie, disait, écoutait, voyait les mêmes « choses que dans l’âge où il avait commencé d’être « instruit. » Ce qu’un citoyen disait, il était toujours prêt à le faire; ce qu’il faisait, il était toujours prêt à le dire : bien différent de nos professeurs religieux et politiques, qui ne font rien de ce qu’ils disent , et ne disent rien de ce qu’ils font.