DF. I. INSTRUCTION PUBLIQUE
Toutes les mœurs d’un peuple sont en germe dans les familles et dans les collèges ; toutes les institutions sociales doivent avoir cette double éducation pour base, et c’est de leur harmonie que résulte l'éducation vraiment nationale dont la société même est la dernière école.
Sans doute nous sommes loin encore, depuis quelque temps même nous paraissons nous éloigner du véritable but de l’instruction publique, qui doit être de former des hommes et des citoyens. Cependant les contradictions entre les préceptes des maîtres et les exemples des livres sont aujourd’hui moins choquantes quelles ne l’étaient autrefois; il y a moins d’inconséquence, je ne dirai pas plus de franchise, à faire apprendre, discuter, traduire les œuvres de Tacite et de Xénophon par des enfants destinés à vivre sous un gouvernement constitutionnel, qu’il n’y en avait à mettre ces mêmes livres entre les mains de leurs pères, que l’on avait tant d’intérêt à façonner au joug despotique d'une société corrompue.
Les temps sont venus, où les peuples doivent s’occuper deux-mêmes, où la loi ripuaire doit cesser de peser sur la Gaule affranchie: nos mœurs, nos superstitions, nos coutumes, nos traditions, nos préjugés, attestent encore que les Gaulois furent jadis la conquête d’une peuplade barbare; une éducation nationale peut seule faire disparaître ces