‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 La morale appliquée à la politiqueChapitre 285 sur 318 · CHAPITRE IY · texte numérisé non relu

CHAPITRE IY

Passage des mœurs anciennes aux mœurs nouvelles.

Quand un chêne est mort, on voit naître autour du tronc qui se décompose une végétation éphémère; ainsi, quand la corruption atteint les racines de l’arbre social , des hypocrisies d’état, des dehors plâtrés, des vertus de circonstance et de convention remplacent dans les cœurs les vertus véritables, et dissimulent quelques jours la- destruction à laquelle la société tout entière est en proie.

Il arrive un temps où la mousse des vieux pré-* jugés disparaît, où le lierre, privé d’appui, laisse à découvert les traces hideuses de la destruction qu’il couvrait; l’arbre tombe en, poussière , mais une

MOEURS ANCIENNES ET NOUVELLES. .jfi3 jeune semence a pris racine, elle croît, s’élève, et déjà montre sa tige verdoyante au milieu des débris du vieux chêne.

Nous avons vu s’achever cette révolution dont la cause remonte à l’origine d’une monarchie corrompue dans son berceau.

« A la naissance des sociétés, dit Montesquieu, u ce sont les hommes qui font les institutions, et ce « sont ensuite les institutions qui font les hommes. » C’étaient donc les anciennes institutions de la vieille monarchie française qui avaient formé la race sans vertu, sans gloire et sans mœurs, qui occupait les hauts rangs de la société au moment où la révolution éclata.

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