CHAPITRE PREMIER
tyrannie corrompt les mœurs, la liberté les conserve.
Comme les vertus sont sœurs , les vices sont frères ; ils se soutiennent , ils sont enchaînés les uns aux autres. L'orgueil du maître veut commander à tout, même aux cœurs , même aux sens : la bassesse des esclaves ne s’arrête devant aucune humiliation , ne répugne à aucune honte ; ceux qui disent sans cesse, ma vie, mes biens, sont au prince , pourraient- ils soustraire leurs femmes et leurs filles à ses désirs? damais tyrannie plus cruelle , plus outrageante que celle des Césars, n’a déshonoré, n’a avili l’espèce humaine ; jamais corruption plus effroyable n’a souillé tout un peuple, que celle qui suivit la perte de la liberté à Rome. Ce qu’en dit Tacite et ce qu’en raconte Suétone , étonne et confond encore les hommes les plus familiarisés avec les histoires modernes du pape Alexandre VI, de Henri VIII, de Louis XV et de Catherine.
Dans tous les lieux où la liberté a trouvé un asile,